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DES AGEM'S FORESTIERS.
est malingre et cassé, c’est le résultat de ses veillescontre les maraudeurs, de ses courses sur la glace etles neiges, aux époques des grands froids, temps où lesbois exigent le plus desurveillance ; langage de chas-seur. Ne croyez qu’avec réserve et circonspection aucourage et aux assurances de cet homme intrépide : iln’a peut-être pas, dans toute sa vie, quitté dix fois le coindu feu pendant l’hiver, ni manqué, un seul soir, défairesa partie de piquet avec son curé, ou sa ménagère, s’ilne trouve mieux, sauf quelques exceptions assez rares.
Voilà tout le secret du charlatanisme si commundans cette profession, où règne trop généralement uneprofonde ignorance, accompagnée de beaucoup de lé-gèreté et de forfanterie, ou d’une bonhomie vaniteuse,qui, auprès de gens de bonne foi ou peu instruits dansla partie, passent souvent pour du savoir.
Nous conviendrons, pourtant, qu’il n’est pas sansexemple de trouver quelques-uns de ces agents dé-ployer beaucoup de zèle; mais le zèle le plus infatigablepeut, dans certaines circonstances, ressembler à celuide la mouche du coche, lors même qu’il est accom-pagnéd'une longue expérience et d’une prodigieuse ac-tivité; néanmoins ils s’en prévalent assez ordinairementsans mesure, comme si c’était un titre à la reconnais-sance et à une sorte d’admiration publique. Cette pré-tention parfois est dérisoire, car de l’ardeur et un zèleinfatigable ne sont pas de la science; aussi avons-nousle regret de direqueriende plus commun, de nos jours,que de voir , dans l’administration générale des forêtset, encore mieux, chez les plus grands propriétaires