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Tome premier.
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DE LA DISPARITION

La seconde, c’est que le châtaignier gèle facilementquand il est exploité en janvier et février ; aussi grandnombre de forestiers en attribuent la disparition auxgrands hivers de 1460, 1507, 1594, 1638, 1696,1709, 1740, 1789 et 1795.

Nous ne partageons pas cette opinion : le châtai-gnier est indigène ; coupé en temps convenable, iln’a plus à craindre que les gelées de printemps.

L’hiver le plus rigoureux , par exemple, celuide 1709, qui a fait périr presque tous les noyers(arbres exotiques), a respecté le châtaignier commele chêne et les autres arbres de nos forêts.

Avant 1709, la France était encore en grandepartiecouverte de futaies et d’étangs : alors elle était plusfroide, les hivers étaient plus longs et plus rigoureux;cependant il y avait des châtaigniers partout où l’onpouvait en cultiver. Ce ne sont donc pas les geléesd’hiver ou de printemps qui les ont fait disparaître,mais leur mauvaise exploitation.

(Voir ce que nous avons dit sur l’époque de lacoupe du châtaignier, qui est meurtrière quand elleest faite lorsqu’il est en sève, et dans ce cas il gèle àpérir dans l’année. P. 78 et suivantes.)

La France , du x e au xiv e siècle, époque où l’on aconstruit le plus d’églises et de couvents, possédait aumoins 30 millions d’hectares de bois; aujourd’hui elleen a seulement 6,842,623hectares. Dans l’abalagepri-mitif et inconsidéré des forêts, le châtaignier, commeétant le plus recherché alors pour les constructions,