POUR LA MARINE.
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Autrefois la marine s’approvisionnait facilementde bois de construction en faisant son choix danstoutes les forêts, ainsi que dans les traces et buis-sons du petit partciulier. Dès 1827, elle a cesséd’user de ce privilège qui n’est plus de notre siècle;elle pouvait cependant l’exercer légalement jusqu’en1837. Par calcul, elle s’est restreinte d’avance auxbois du commerce et à ceux de l’État, qui lui sontencore conservés, en vue précisément d’apprécierpromptement le résultat de cette privation; maisses besoins ayant beaucoup diminué, elle n’en aéprouvé, jusqu’à ce jour, qu’une faible contrariété.
En cas de guerre , cependant, nous pensons qu’ilserait de l’intérêt du pays de lui concéder de nou-veau ce droit; d’ailleurs la nécessité nous y obligerait,à moins d’accorder l’affouage que nous conseillons,les bois propres à la marine devenant, chaque jour,plus rares.
Les Anglais , qui n’ont pasde forêts, ont pourtant laplus belle marine du monde, et le bois de construc-tion ne leur manque pas ; mais ils savent se le pro-curer en le payant bien, et en général ils sontbeaucoup plus difficiles que nous sur le choix. Nousciterons, par exemple, le Canada (*), où ils ont demagnifiques forêts ; ils n’en usent point encore, etpréfèrent les bois d’Europe comme plus éclaircis et,par conséquent, plus denses et plus durables.
La Corse, les Alpes, les Pyrénées , l’Auvergne et
P) Un constructeur anglais a prétendu que les navires construitsavec les bois de ce pays n’avaient que cinq ans de durée.