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DJi LA VENTE
intérêt réel à acheter les bois à bon marché invoquentpresque toujours et fort sérieusement toutes lesconsidérations et circonstances qui militent en leurfaveur, même les prédictions des astronomes, et leursauxiliaires, les journaux, annonçant dans leurs pudi-ques feuilles qu’il n’y aura plus de grands hivers ;ce dont on peut juger par ceux de 1834, 1835, 1836,1837 et 1839 ; ils prétendent, en outre, qu’on auraà Marseille le climat d’Alger , dans les environs deBordeaux celui d’Italie, à Paris celui de Provence ,et ils font sonner encore bien plus haut leurs alarmessur l’introduction des houilles et fers étrangers ,sous un droit léger, pour faciliter la vente de nos vinset autres denrées indigènes; ils affirment hautement,en outre, que cette introduction, malgré tous lesobstacles qu’on y apportera, prévaudra et anéantirales propriétés forestières. De ce conflit de prétentionsque chaque parti cherche à défendre il advient queceux qui se tirent le mieux de la lutte sont les mar-chands, qui, plus aguerris à la polémique des marchés,triomphent presque toujours, à moins qu’il n’y aitguerre et désunion entre eux. Néanmoins ils finissent,quoi qu’il puisse arriver, dans leurs intérêts respectifs,par se réunir, et, quand il y a une adjudication de bois,ils sont bientôt rassemblés : les rivalités cessent alors;l’intérêt et la table leur font oublier en un instant, etcomme par magie, les plus rudes attaques, même le»mieux fondées : chacun s’empresse de dissimuler sonressentiment personnel, et l’union est promptementassurée et complète contre le propriétaire vendeur.