258
DU FLOTTAGE
Un jeune enfant qu’on emploie, tel faible qu’ilsoit, s’il peut porter son faix chez lui, on n’apas le droit de le lui refuser; il chemine quelquefoisfort péniblement avec ses sept bûches; cependanton ne les lui donne pas tout à fait de la grosseur decelles que reçoit un homme fait, et que d’ailleursla plupart des enfants ne pourraient porter ; ceci, dureste, est livré à l’arbitraire des gardes sur les ports.On gémit trop fréquemment de voir un enfant desept à huit ans, courbé et écrasé par un poids au-des-sus de ses forces, emportant son faix et faisant vingt-cinq à trente stations en route, au risque même depérir ; aussi combien voit-on de ces petits êtres dèsleurs jeunes années trapus et rabougris et accablésde maladies de toute espèce.
Cet usage remonte sans doute à l’époque où lesdimesûmt été établies à cause de la rareté de l’argent;l’ouvrier qui croit que c’est un grand avantage pourlui ne se plaint pas de ce genre de payement, aucontraire il se révolterait pour le maintenir ; c’estcependant un abus qui ne le rend pas plus riche,nous le garantissons, et qui est fort onéreux au com-merce ; on a cherché plusieurs fois à le détruire,mais on n’a pu y réussir.
On pourrait, peut-être, arriver à ce résultat enprésentant à l’ouvrier un peu plus de gain , c’est-à-dire en augmentant son salaire journalier de lavaleur de son faix, et même au delà, et le commercey gagnerait, parce que cet emport favorise le vol etexige une surveillance active et coûteuse. Le fileur