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discours de M. Anisson Duperron, séance de laCham-bre du 15 décembre 1834.)
Cette demande a été faite avec autant de talentque d’adresse; elle expose tous les avantages qu’onen peut obtenir. On ne pouvait choisir un meilleuravocat du défrichement ! Qui la combattra aujour-d’hui? Est-ce l’État, à qui le rôle de conservateur ap-partient à tous égards, et qui, au contraire, autoriselui-même les défrichements et les envisage commeune nouvelle source de richesses? Comment pourra-t-il s’opposer, au surplus, à une culture et à une in-dustrie particulières qui, en réalité, tendent à activerle mouvement des affaires et à enrichir le trésor partous les traités et mutations qui auront lieu à l’infinipar suite de ce grand coup de pioche qu’on veut don-ner au sol forestier ?
En conséquence, si le ministre se décide à combattrecette demande, il devra s’attacher à bien apprécier saposition; et si, en définitive, il est forcé, par la majorité,d’y accéder, en désespoir de cause, et quand enfin ilaura l’intime conviction qu’il ne pourra utilement s’yopposer, tous ses soins alors doivent tendre, en échangedes dispositions qu’il montrera, à s’y prêter, à se mé-nager des restrictions et des concessions, dans l’inté-rêt de nos cultures et de nos fleuves particulièrement.
Nous estimons que, lorsqu’on aura la liberté dedéfricher, tout ce qui sera bon à défricher le sera, etmême au delà, car, en général, nous ne savons pointnous arrêter à temps; il est dans le caractère français de faire vile et avec excès le bien comme le mal.