190 NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.
lac, le pont se rompt sous le poids des canons.Ces braves gens, pour sauver leurs pièces, cher-chent à traverser l’extrémité du lac gelé ; mais laglace sillonnée par nos boulets, enfonçant sous lepoids de cette masse, engloutit hommes et canons :plus de deux mille se noyèrent. Doctorof n’avaitqu’un parti à prendre, celui de longer sous notrefeu la rive du lac jusqu’à Telnitz, et de gagnerune digue qui sépare le lac de ce nom de celuide Melnitz. Il parvint, non sans essuyer uneperte énorme, à gagner Satschann, protégé parla cavalerie de Rienmayer qui fit des effortsdigne d’éloges. Ils prirent ensemble le chemin deCzeitsch par les montagnes, vivement poursuivispar les nôtres. Le peu d’artillerie que l’ennemiavait sauvé du centre et de la gauche fut aban-donné dans cette retraite, exécutée par des che-mins horribles que la pluie de la veille et le dégelrendaient impraticables.
La position de l’ennemi était cruelle; je l’avaisgagné sur la route de Wischau , qu’il ne pouvaitd’ailleurs pas suivre, parce quelle était déjà ra-vagée et que les débris de sa gauche n’auraientplus été en état de l’atteindre. Il fut donc forcéde prendre le chemin de la Hongrie ; mais Da-voust, dont une division arrivait à Nicolsbourg ,pouvait par une marche de flanc le devancer àGoeding, tandis que nous le pressions vivement