CHAP. VIII. CAMPAGNE DE l8ü5. I 9 Ien queue. L’armée alliée,affaiblie de a5 mille tués,blessés ou prisonniers et de 180 pièces de canon,outre une quantité de fuyards isolés, se trouvaitdans le plus grand désordre. L’empereur d’Au-triche ne voulut pas confier le sort de la monar-chie à une dernière échauffourée qui perdraittout. Il m’envoya le prince Jean de Lichtensteinpour me demander une entrevue; elle eut lieule lendemain dans un bivouac sur le bord d’unfossé.
Il n’était pas difficile de nous entendre ; j’avaisun puissant intérêt à en finir : l’archiduc Charlesarrivait sur le Danube, la Hongrie excitée parsa présence pouvait se lever; les réserves del’ennemi approchaient d’Olmutz ; l’archiduc Fer-dinand chassait d’Iglaw la division bavaroise deWrède ; la Prusse menaçait de déboucher deSaxe en Franconie avec roo mille hommes.A la vérité, tout cela ne présentait que des em-barras lointains, tandis que j’avais sous la maindes trophées certains et immédiats.
Je fis sentir au prince de Lichtenstein qu’enconsentant à un armistice, j’oubliais les intérêtsdu soldat victorieux pour prouver mon désir dela paix. J’en persuadai de même l’empereurd’Autriche , en lui démontrant qu’il eût mieuxfait de me laisser suivre mes projets contre l’An-gleterre que d’en troubler l’exécution.