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Tome deuxième.
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CHAP. VIII. CAMPAGNE DE l8o5. 203

Villeneuve mit à la voile, le 19, avec 33 vais-seaux et 9 frégates. Il est probable qu’il crutd’abord n’avoir affaire qu’aux 21 vaisseaux com-mandés par Colingwood et Calder; on assurequ’il fut instruit la veille de l’arrivée de Nelson,mais que, d’après les avis d’un capitaine mar-chand, il ne voulut pas y croire. D’un autrecôté, comme j’avais hautement blâmé son peud’activité à la Martinique , et qu’il avait de plusà se laver de son inaction à la bataille d’Aboukirainsi que de son retour à Cadix , il pensa sansdoute qu’il serait à jamais déshonoré, s’il pre-nait chasse avec des forces supérieures. Plein decette idée, et sachant d’ailleurs que les grandesopérations dans la Manche ne dépendaient plusdu parti qu’il prendrait, il se décida à combattre.Toutes les circonstances semblaient ainsi conju-rées contre nous : le même amiral qui avaitcraint de s’avancer vers Brest pour y combattredes ennemis inférieurs et divisés, allait, par uneénergie déplacée et intempestive, s’engager avecdes forces égales contre le plus habile marin denotre siècle : s’il s’était cru autorisé a dévier demes ordres dans une opération aussi délicatequ’une jonction avec la flotte de Brest , commentn’osa-t-il pas les interpréter lorsqu’il ne s’agissaitplus que d’une simple sortie sans but essentiel àremplir ?

Rencontredes deuxflottes.