CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807. 365
cisive à la bataille, car déjà la nuit étendait sonvoile : cependant une fusillade assez vive etquelques coups de canon entretinrent encorele combat jusqu’à huit heures ; toutefois l’ar-rivée de Ney en arrière du flanc droit des Rus-ses n’en fut pas moins une circonstance décisive,puisqu’elle les détermina à partir dans la nuit.Pour exécuter plus en sûreté leur mouvementrétrograde, ils firent attaquer Ney par la divi-sion Sacken qui avait le moins souffert. Quoiquece maréchal se soutînt près de Schmoditten,cette attaque lui imposa, en lui donnant desdoutes sur l’issue de la bataille. Il prit positionà quelque distance de la route de Kœnigsberg ,et les Russes défilèrent, pour ainsi dire toute lamatinée, sous le feu de son canon.
Les pertes des deux partis étaient énormes :
10 mille cadavres jonchaient le champ de ba-taille , et 3o mille blessés gisaient dans lesgranges et jardins des villages voisins. Cependant
11 n’y avait rien de décidé. Mon armée était siaffaiblie, que j’hésitais à me retirer pour accé-lérer ma jonction avec les corps de Bernadotte et de Lefebvre. La nouvelle de l’arrivée de Neyme décida à rester ; et Benningsen me sauva ledésagrément de lui abandonner le champ debataille. Il se retira sur Kœnigsberg , et se cou-vrit du Prégel : Murat le suivit le lendemain