366 NAPOLÉON AU TRIBUNAL DF. CÉSAR, F.TC.jusqu’à deux lieues de cette ville. La retraite deBenningsen sur Rœnigsberg m’offrait l’occasionde frapper un coup terrible sur l’armée russe,qui se rejetait avec tant d’imprudence dans uncul-de-sac sans autre issue que la mer et leStrand. Si Bernadotte et Lefebvre eussent été làsous ma main, j’aurais pu marcher sur Tapiauet placer l’ennemi dans aine situation affreuse :mais le reste de mon armée, à l’exception ducorps de Ney, avait tant souffert, que je crusplus prudent de lui accorder du repos et d’at-tendre que Dantzick fût rendu avant de repren-dre l’offensive.
Bernadotte entra en ligne deux jours après,ainsi que les cuirassiers de Nansouty. Le corpsde Lefebvre, dirigé sur Osterode, pouvait déjàêtre considéré comme une réserve. Indépendam-ment de ces renforts, j’attendais encore les 8mille grenadiers réunis qu’Oudinot amenait deVarsovie, sur Pultusk et Wiilenberg.
Telle fut la cruelle bataille d’Eylau, si intéres-sante par les circonstances extraordinaires quil’accompagnèrent, et si peu décisive par ses ré-sultats. A onze heures, Soult avait beaucoupsouffert, et le corps d’Augereau n’existait pourainsi dire plus. Tout eût été perdu sans la bonnecontenance que je fis pendant trois heures aucimetière d’Eylan, à la tête de ma garde, de