CHAP. X. CAMPAGNE HE I807. 889
glais allaient enfin envoyer les secours promis.Mortier avait suivi trop à la lettre mes instruc-tions, en s’arrêtant victorieux, au lieu de pousserl’ennemi vaincu jusque dans Stralsund , et des’emparer de leur grande flotille retenue par lesmauvais temps dans le Haff ; il eût toujours étéà temps de signer alors un armistice.
Le mal était fait, il fallait savoir en tirerparti ; j’exigeai que le délai pour dénoncer l’ar-mistice fut d’un mois au lieu de dix jours; celame tranquillisait sur toutes les entreprises quel’Angleterre et la coalition pourraient faire surmes derrières, et me donnerait le temps d’ache-ver la réduction de Dantzick. Je fis ajouter à lalettre que Mortier dut écrire au général Essen :
« Je n’ai rien de plus à cœur que le rétablisse-« ment de la paix avec le roi de Suède . Les« passions peuvent nous avoir désunis, mais l’in-« térêt des peuples, qui règle la conduite des« souverains, doit nous rapprocher. La Suède ne« peut pas se dissimuler que dans la lutte actuelle,« elle est aussi intéressée que la France au succès« de mes armes : elle sentira bien davantage en-« core le contre-coup de l’accroissement de la« puissance russe. Est-ce donc pour la destruc-« tion de l’empire de Constantinople que se« battent les Suédois ?..
«