4ü6 NAPOIÜON AU TRIBUNAL DE césAR , ETC.
Chances fa-vorables demaposition.
Dès que l’ennemi m’avait laissé le temps né-cessaire pour porter mon armée à 160 millehommes avant l’arrivée de ses renforts, il étaitévident que toutes les chances de la campagneprochaine devaient être pour moi, si l’Autriche tardait un peu à se déclarer. Il était donc de monintérêt de frapper vite et de frapper fort.
Benningsen, en attaquant Ney à Deppen, n’a-vait fait que me prévenir d’un jour ou deux, oupour mieux dire il avait abondé dans mes vues,en venant au-devant de moi, puisque j’avaislaissé Ney dans sa position avancée pour engagerl’ennemi à venir nous chercher hors de ses retran-chements. Le rassemblement de mes forces au-tour de Guttstadt ne permettait plus de différer,je résolus de prendre à mon tour l’offensive.
Le camp retranché de Heilsberg et la réunionde tous les magasins ennemis à Kœnigsberg pré-sentaient deux manœuvres principales à monchoix : la première et la plus habile eût étéd’exécuter un mouvement général, la droite enavant, pour établir ma ligne entre Bischoffsteinet Heilsberg ; la droite vers Bartenstein , la gau-che vers Guttstadt. C’eût été absolument le mêmemouvement que celui d’Iéna et de Naumbourg contre les Prussiens, avec plus de chances en-core , puisque l’armée russse, battue sur sagauche , refoulée sur la basse Passarge et sur le