CHAP. X. CAMPAGNE DE [ 807. i\ig
Marchand, elle enfonce et refoule tont dans lecul-de-sac de Friedland .
Cependant Bagration ne se laisse pas abattrepar sa cruelle position. Ne pouvant faire com-battre qu’un petit nombre de bataillons, il s’enconsole en les relevant sans cesse par des ré-giments frais, qui viennent à leur tour s’offriren sacrifice. Les divisions françaises mettentautant d’acharnement à entrer dans Friedland que les Russes à s’y maintenir, jusqu’à ce queleur droite pût du moins se replier. Dans un es-pace de a 5 o toises, 60 mille hommes se battentavec la rage du désespoir, et semblent avoirtous juré d’arracher la victoire ou d’y trouverla mort.
Benningsen, voulant sauver à temps son ma-tériel , ordonne à l’artillerie de repasser la ri-vière ; dès lors l’infanterie russe pelotonnée,hors d’état de soutenir plus long-temps la lutte,reprend en désordre le chemin des ponts. Ben-ningsen fit de vains efforts pour rallier les dé-bris au-delà de l'Aile, et pour leur faire repasserla rivière offensivement, sous la protection deiao pièces de réserve qu’il fit disposer enamont. Rien ne put arrêter l’impétuosité descolonnes de Ney et de Victor; et Bagration ,ayant retiré ses derniers bataillons, abîmés dans