/|20 NAPOLÉON AU TRIBUNAL DH CÉSAR, ETC.
Friedland, dut mettre le feu au pont pour sus-pendre l’ardeur de notre poursuite.
Pendant que nous obtenions ce succès décisif,Lannes et Mortier avaient tenu en haleine ladroite de l’ennemi et laissé même quelques suc-cès au prince Gortschakof, pour l’enlacer d’au-tant. plus sûrement dans le piège que je luitendais, en le laissant engager sur la route deKœnigsberg .
Averti un peu tard de la catastrophe de l’ailegauche par l’incendie de Friedland et les hom-mes isolés qui en revenaient (i), le prince prendla résolution de s’ouvrir un passage l’épée à lamain. Une de ses divisions pénètre dans Fried-land, où une mêlée horrible s’engage de nouveauavec les troupes de Ney. Mais déjà les pontsn’existent plus, et Lannes et Mortier fondentsur l’ennemi que Ney et Victor arrêtent en tête.Ici la bagarre devint épouvantable, et tout pré-sageait la destruction de cette moitié de l’arméeennemie. Mais il faut rendre justice à ces bravesgens, aucun des corps coupés ne songea à ea-
(i) Il paraît que Benningsen ne prit pas à temps les me-sures pour sauver sa droite. C’est ce qui motiva sans doutele ridicule projet de rallier ses troupes battues pour les ra-mener encore une fois au-delà de l’Aile, dans le cul-de-sacd’où elles s’étaient si mal tirées.