CHAP. X. CAMPAGNE UE ! 807.
Notre première entrevue eut lieu sur un ra-deau au milieu du Niémen . En m’abordant,l’empereur Alexandre me dit qu’il n’avait pasmoins de griefs contre l’Angleterre que moi.Dans ce cas, lui répondis-je, la paix est faite ;et nous nous donnâmes la main en signe de ré-conciliation. Nous eûmes ensuite plusieurs autresentrevues à Tilsit, où l’empereur Alexandre vints’établir. Son extérieur était noble, gracieux etimposant : la vivacité de sa conception me parutgrande ; il saisissait d’un trait les plus gravesquestions. Assez semblable en tout à François I eret à Louis XIV , on peut dire aussi de lui quec’était un roi chevalier. S’il eût vécu au mêmesiècle que le vainqueur de Marignan, il eût in-contestablement remporté la palme. 11 a pu en-trer dans ma politique de le présenter autrementque je ne l’ai vu; mais il est certain que sa con-duite en 1812 et i8i3 a été supérieure à ceque j’aurais attendu de lui, bien qu’il m’eûtprévenu en sa faveur. Je lui avais reconnu dela facilité; mais je lui croyais de la faiblesse. Aureste, ce n’est pas en ce point seulement que jeme trompai sur le caractère de ce prince. La-bruyère même eût été embarrassé de le définirexactement.. . .
Je vis aussi à Tilsit un régiment de ses gar-des ; et je n’ai pas oublié la sensation que j’é-
Entrevuede Tilsit.