4a8 NAPOLÉON AU TRIBUNAL DF. CÉSAR, ETC.
relations intimes qui s’étaient établies entre ceprince et l’empereur Alexandre, une telle dona-tion eût-elle été bien prudente ? n’était-ce pasfournir des armes à mes adversaires : d’ailleursla Russie eut-elle consenti à reconnaître ceroyaume ? Je laisse aux diplomates à décider laquestion ; mais, quoique je l’aie résolue négative-ment, j’aurais mieux aimé ce parti-là que celuid’une démagogie intempestive. A quoi en effetle système de propagande nous a-t-il tant servi ?Ce n’est certes pas en Italie , où tout le pays a étéinsurgé contre nous, à l’exception de quelquespatriotes des villes. S’il procure des amis, ilsoulève aussi tous les intérêts contraires ; et lesintérêts existants ont plus d’armes pour se dé-fendre, que les intérêts nouveaux pour acquérir.Le système de propagande a été utile quelque-fois comme contrepoids; il n’a jamais été lacause ni l’agent de nos succès. Pichegru seul atrouvé en Hollande un puissant appui. Mes vic-toires n’ont jamais été aussi grandes que dei8o5 à 1810, alors que je n’apportais plus auxpeuples l’anarchie sous le bonnet de la liberté.J’étais bien sûr de vaincre les résistances en lesréduisant à des questions purement militaires.A quoi m’a servi en Espagne de vouloir prendrel’intérêt des peuples contre les abus du fanatismeet du despotisme ?