CIIAP. XI. CAMPAGNE 1)E l8û8. 455
déjà succombé, et les Anglais emmènent la flottecomposée de 18 vaisseaux et 21 frégates ou bricks.Non contents de dépouiller tous les arsenaux dela marine -, ils détruisent les chantiers et tous lesustensiles ou machines propres aux travaux; puisils reprennent avec cet odieux mais importanttrophée le chemin de la Tamise .
L’exaspération des Danois était telle que leprince royal envoya au général Peymann l’ordrede brûler l’escadre plutôt que de la rendre.L’officier qui en était porteur fut pris en voulantpénétrer dans Copenhague .
Loin de se laisser abattre par le malheur, leroi de Danemarck, retiré à son palais de Rends-bourg, indigné d’un pareil traitement, jure uneguerre à outrance contre les Anglais , leur fermeses ports, ordonne la cessation de toutes relationsavec eux, et la saisie des individus et des pro-priétés britanniques dans tout le royaume. Cevénérable prince ne revit plus sa capitale ; iltermina ses jours à Rendsbourg quelques moisaprès, et on pense que le chagrin qu’il éprouvade ces cruels revers contribua à accélérer sa fin.
Certes, si l’intérêt de l’état suffit pour légiti-mer une pareille agression, et si le cabinet deLondres put trouver grâce aux yeux de l’Europe ,en se fondant sur cette maxime de haute poli-tique; il eût été juste du moins de traiter mes