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Tome premier.
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CHAP. II. CAMP. DE 1796 EN ITALIE .

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Les républiques de Venise et de Gênes ,après s’être disputé durant plusieurs sièclesle commerce de la mer Noire, du Bosphore et des mers du Levant; après s’être livré desbatailles navales mémorables à Caristo, auxDardannelles, à Cagliari , à Sapienza, secontentaient aujourd’hui modestement d’unpetit cabotage à l’abri de leur neutralité. Lapremière, enlacée dans les serres de l’Au-triche , la redoutait presque autant que nosdoctrines démocratiques; elle soupirait aprèsle maintien de la paix. Son gouvernementvenait d’en donner le gage le plus fort enobéissant aux sommations du Directoire ,qui intima, le premier mars, Tordre de fairepartir Louis xvm de son territoire. Ceprince, retiré à Vérone , y avait publié, à lamort du dauphin, un manifeste déclarantqu’il montait sur le trône de ses ancêtres.Cet acte de légitimité était fort innocent enlui-même, mais il avait excité l’animosité duDirectoire. Il valait mieux pour la France que ce prince se trouvât dans la républiqueinsignifiante de Venise , que réfugié enAngleterre ou présent à l’armée des émi-grés. Dès qu’on ne pouvait point lui inter-dire le continent européen, c’était, à Venise ou à Naples qu’il était le mieux placé.

Le Directoire en jugea autrement : in-formé des relations qu’il entretenait enFrance avec le comité royal, il ne con-sulta que son animosité, et réclama du sé-nat de Venise le même acte de lâcheté qu’onavait si justement blâmé dans Louis xv :celui d’expulser de ses états le prétendant.

Le seul procurateur Pesaro , magistraténergique, digne de présider à d’autreshommes, voulait résister. Une immensemajorité l’emporta ; la république se flattade se mettre à l’abri des tempêtes par unacte de soumission que rien ne motivait.Louis xvm reçut Tordre de quitter lesétats vénitiens, et partit pour l’armée de

Coudé, puis pour Mittau, où la Russie luidonna un asile, qui aurait dû être plus àl’abri des vicissitudes que celui de Ve-nise . Il chargea, en partant, l’ambassadeurrusse Mordwinof d’effacer le nom desBour-bons du livre d’or de la république , et deréclamer l’armure de Henri iv , qu’elleavait reçue jadis comme un témoignaged’affection du grand roi.

Cet acte, dicté par la peur, ne préjugeaitrien sur les dispositions réelles du gouver-nement vénitien à notre égard; mais ildonnait la mesure de ce que nous pourrionsexiger de lui si la victoire nous conduisait àses portes.

La république de Gènes , enclavée pourainsi dire dans le théâtre de la guerre, avaitvu son port violé par les Anglais en 1793, etson territoire foulé en représailles, prèsd’Oneille, par les colonnes que j’avais diri-gées, en 1794, pour tourner Saorgio.

Ces deux oligarchies redoutaient les prin-cipes que nous propagions, mais à Gênes surtout, la masse du peuple était très-atta-chée à la France , avec laquelle elle faisaitun grand commerce.

L’Autriche s’était efforcée d’exciter tousles petits états d’Italie contre nous; elle avaitcherché à réunir leurs députés à Milan pourformer une ligue italienne, sur laquelle elleeût établi peu à peu un patronage plus po-sitif encore que celui qu’elle exerçait sur laconfédération germanique; mais, trop éclai-rés sur ce dessein, les princes italiens avaientdécliné la question, et se contentaient defournir à l’Autriche des secours en hommes,en argent ou en munitions. La Toscane seule, quoique gouvernée par un archiduc,avait rétabli ses relations d’amitié avec la ré-publique, en traitant avec elle aussitôt aprèsla paix de Bâle .

On se rappelle la victoire que le généralSchérer avait remportée à Loano, le 2 no-

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