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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

sous cette dénomination que sur la carte.

Le bon Victor Amédée m régnait sur lePiémont ; le mariage de ses deux filles avecles frères de Louis xvi , héritiers du trône,l’attachaient autant que sa position à lamaison de Bourbon. Les subsides anglais , lacrainte de nos doctrines et ses relations defamille, l’avaient précipité dans la coalition;mais l’influence autrichienne déplaisait gé-néralement à Turin ; et son ministre, Damiande Priocca, quoique attaché au cabinet deVienne , n’eût demandé qu’une occasionpour se retirer d’une lutte où il était aiséde voir qu’il n’y avait rien à gagner. En effet,si la coalition triomphait, qu’aurait puespérer le roi de Sardaigne ? Eût-il demandédes provinces françaises aux princes de safamille? Si au contraire la coalition succom-bait, ne s’exposait-il pas à perdre ses états?Depuis que l’Espagne , cédant à la force irré-sistible des intérêts nationaux, s’était rap-prochée de nous, il fallait s’attendre que lePiémont en ferait autant dès qu’il le pour-rait avec sécurité.

Déjà le comité de salut public et le Direc-toire avaient essayé deux tentatives pour ledégager de ses liens ; la dernière surtout,faite par l’intermédiaire de l’Espagne , avaitébranlé le monarque et provoqué la réuniond’un conseil où la question d’une paix sé-parée fut agitée. Le marquis de Silva, mili-taire distingué, faillit entraîner le conseilen notre faveur par les raisons de politiqueet de guerre les mieux développées. Mais leroi et le ministre Damian de Priocca te-naient à l’alliance du cabinet de Vienne ,plus par crainte de nos doctrines, que parattachement à la maison d’Autriche . Lemarquis d’Albarey fit valoir les dangers dutrône avec tant de chaleur qu’il l’emportasur son éloquent adversaire : l’or de l'Angle-terre ne fut pas oublié dans la balance, caron ne manqua pas de dire que les subsides

qu’elle payait valaient mieux que tout cequ’on aurait à espérer de la France .

La maison d’Autriche régnait sur la Lom-bardie . Un prince de sa famille gouvernaitla Toscane . Elle était alliée au duc de Mo-dène, dont l’unique héritière avait épousél’archiduc Ferdinand. Une petite-fille deMarie-Thérèse, sœur de l’infortunée Marie-Antoinette , occupait le trône de Naples àcôté du faible et incapable Ferdinand iy.L’attentat commis sur la reine de France etson origine autrichienne avaient exaspéréla reine Caroline contre tout ce qui étaitfrançais .

Le ministre Acton, né à Besançon d’unefamille irlandaise , . ex-officier de marinefrançais , partageait cette haine par suite dequelques désagréments personnels qu’il avaitessuyés lorsqu’il servait en France . Rienn’est plus déplorable que de voir des res-sentiments personnels aux prises avec lebien de l’état; mais rien malheureusementn’est plus fréquent.

Entraîné par la reine Caroline et sonministre, le roi de Naples, qui avait pris unefaible part à la coalition en envoyant troismille hommes à Toulon , en 1793, et en lesretirant après l’évacuation de cette place,venait enfin de se décider, après beaucoupd’hésitation, à envoyer un fort contingentà l’armée austro-sarde : résolution tardive,assez difficile à concilier avec les antécé-dents, et qu’on ne peut comprendre, sur-tout après la paix que l’Espagne et la Tos-cane venaient de conclure avec nous.

Le vénérable Pie vi , vieillard septuagé-naire, portait la thiare et occupait la chairede Saint-Pierre. Nos dissensions religieuseset la destruction du culte catholique enFrance en avaient fait un ennemi bien plusredoutable par ses armes spirituelles quepar les misérables bataillons qu’il aurait puenvoyer contre nous.