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Tome premier.
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CHAP. II. CAMP. DE 1796 EN ITALIE .

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consolider notre établissement en Italie , etagir contre l’Autriche avec plus de vigueur.Le Directoire le voulait comme moi ; mais ladifficulté de décider Victor-Emmanuel àun abandon si brusque de ses alliés 11 e per-mettait guère d’y compter, et nous fûmestrop heureux de nous contenter de l’avoirmis hors de lice. Il fallait laisser au tempsle soin de faire le reste.

En moins d’un mois, j’avais tourné la lignedes Alpes , gagné trois batailles, détaché lePiémont de la coalition, fait 12 mille prison-niers,occupé des places pour nous servir debase, et ouvert la communication directeentre l’armée et la France par la Savoie : cen’était que l’introduction à de plus grandssuccès.

Position de Beaulieu sur le Mincio.

Après la défaite de Lodi, Beaulieu n’avaitosé s’arrêter ni derrière l’Oglio , ni derrièrela Chièse . La ligne plus forte du Mincio,flanquée à gauche par la forteresse de Man-toue, et à droite par le lac de Garda et lesmontagnes tyroliennes, lui parut une bar-rière suffisante. Il y établit son armée : lecentre prit poste à Valleggio, la gauche àGoïto; la droite occupa Peschiera , petiteplace qui appartenait aux Vénitiens. Il n’étaitpas prudent d’aller heurter contre les deuxplaces fortes des ailes, je résolus donc deforcer le centre, en donnant toutefois descraintes à l’ennemi du côté de Peschiera ,où était sa retraite sur le Tyrol et sa lignede communication avec l’Autriche : il dé-garnit en effet le point de Valleggio.

Passage du Mincio.

Le 30 mai, j’arrivai à Borghetto avec legros de mon armée. Une avant-garde en-nemie, qui se trouvait à la gauche du Mincio,fut culbutée et repassa la rivière au pont deBorghetto, dont elle brûla une arche. Je

donnai sur-le-champ l’ordre de réparer lepont. Ce travail, exécuté sous le feu de l’en-nemi, n’avançait que lentement. Une cin-quantaine de mes grenadiers s’impatientent,et se jettent dans le Mincio tenant leursarmes sur la tête et ayant de l’eau jusqu’auxépaules. Les ennemis, qui croient revoir laredoutable colonne de Lodi, lâchent pied,reprennent la route du Tyrol, et laissenttranquillement opérer le passage. Je les suisavec la division Serrurier sur Villafranca;Augereau se dirige par Castelnovo pourtourner Peschiera ; Masséna reste au pontde Borghetto.

Beaulieu essaya encore de tenir ferme surles hauteurs entre Villafranca et Valleggio;mais ayant appris le mouvement de la divi-sion d’Augereau sur Peschiera , il sentit queje voulais le couper du Tyrol et se retirasur-le-champ au-delà de l’Adige , dont il re-monta la rive droite par Dolce jusqu’à Ca-liano. Une partie de sa gauche remontantle Mincio pour le joindre donna à Valleggioau milieu de mon quartier-général que jevenais d’y asseoir avec une faible garde. Jen’eus que le temps de me sauver par les jar-dins etde rejoindre les troupes de Masséna,qui balayèrent bientôt l’ennemi, fort étonnélui-même de nous trouver Ta. Le reste de cetteaile détaché à Go'ito entra dans Mantoue ,dont la garnison s’éleva ainsi à plus de 13mille hommes.

Investissement de Mantoue .

Quelque envie que j’eusse alors de pour-suivre les débris de Beaulieu, je dus m’ar-rêter ; je n’étais pas assez fort pour m’en-foncer dans le cœur des états autrichiens,tandis que les armées du Rhin se trouvaientencore derrière ce fleuve. D’ailleurs nousavions plutôt parcouru que conquis l’Italie ,et la possession de Mantoue pouvait seuleconsolider notre établissement dans ce pays.