56 NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.
montant le Mein par Schweinfurth et Bam-berg .
Cette direction était un peu trop excentri-que; aussi fallut-il se rabattre par Nurem-berg, vers Amberg ; triste palliatif auquelon recourut trop tard, et qui n’était pasd'ailleurs de nature à assurer une jonctionavec l’armée du Rhin.
Celle-ci, après le combat de Neresheim ,s’était avancée surUlm et Munich ; elle de-vait s’étendre par la gauche pour se lier àJourdan, et jeter par sa droite une fortedivision sur Inspruek pour communiqueravec moi. Assigner à une armée deux butsaussi divergents était une chose absurde,car après ces deux détachements excentri-ques, il ne serait plus resté d’armée à Mo-reau. Pour réussir, il eût fallu rabattreJourdan d’Aschaffenbourg droit sur Dona-wert, et porter Moreau en niasse sur leLech, entre Augsbourg et les montagnes ;nous eussions pu alors agir de concert pourbalayer le Tyrol, et nous réunir tous lestrois sur l’Inn .
Ce plan échoua faute d’ensemble, commecela devait arriver; l’archiduc Charles sejeta. le 20 août, sur Jourdan isolé, le bat-tit à Amberg , puis le 2 septembre à Wurtz-bourg. Moreau, dont la droite était déjàvers Bregentz et Leutkirch , compromis parla retraite de l’armée de Sambre-et-Meuse.dut renoncer à pénétrer en Tyrol, et songerà sa propre sûreté.
Combats de Mori, Roveredo et Caliano.
Tel était l’état des choses en Allemagne ;j'ignorais encore la défaite de Jourdan,aussi bien que le mouvement de Wurmsersur Bassano. lorsque je m'avançai dans lavallée de l'Adige pour attaquer celui-ci.
Je dirigeai sur Roveredo les divisionsd’Augereau et de Masséna postées à Vérone et à Rivoli; elles devaient être jointes en
marche par la division Vaubois, débou-chant de Salo par la rive occidentale du lacde Garda. Ces forces ne pouvaient manquerd’accabler le corps de Davidowich laisséseul à la garde du Tyrol, et dispersé enplusieurs détachements. Le 4 septembre,Wukassowich, qui commandait son avant-garde, fut expulsé du camp de Mori queVaubois menaça de tourner et que Massénaattaquait de front : il se replia sur Rove-redo , puis sur Caliano, où il se réunit augros du corps. Davidowich lui-même, as-sailli par des forces doubles, ne put se main-tenir dans cette position de Caliano ; mesbraves soldats forcèrent cette gorge re-doutable. L’ennemi, découragé de voirqu’aucun obstacle ne pouvait arrêter notreélan, s’enfuit en déroute. Nous lui enlevâ-mes vingt-cinq canons et 2 mille prison-niers. Le lendemain, nous entrâmes àTrente. Davidowich avait rallié ses débrisderrière le Lavis; il m’importait de ne pasle souffrir dans le voisinage de Trente; j’or-donnai à Vaubois de l’attaquer. Les Autri-chiens essayèrent en vain de défendre lepassage du Lavis , ils furent rejetés sur Sa-lurn et Neumarck.
Marche de Trente par les gorges de la Brenta.
J'avais appris, dans le cours de cette mar-che victorieuse, le mouvement de Wurmsersur la Brenta. Loin d'en être intimidé, onjuge bien que cette nouvelle devint pour moiun gage d’autant plus sur delà victoire. Unearmée divisée en deux dont je coupe lecentre, culbute la droite et toio’ne lagauche isolée ! ! Oue pouvais-je désirer demieux?
L’occupation de Trente était d'autant plusimportante pour nous qu’en nous ouvrantla tète de la vallée de la Brenta, elle décou-vrait les derrières de Wurmser. Je n'eusgarde de laisser échapper une si belle occa-