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Tome premier.
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CHAP. II. CAMP. DE 1796 EN ITALIE .

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Cette incertitude de nos relations avec lePiémont me faisait vivement sentir la néces-sité de nous assurer de Gênes . Nous étionsaventurés sans base d’opérations et sansligne de retraite, si le Piémont venait àchanger de politique : la possession deGênes nous procurait l’une et l’autre. Jen’étais guère en mesure de l’obtenir deforce, et nous n’avions pas de motifs pourune démarche hostile.

Négociations avec Gênes .

Les premiers succès de l’armée avaientfait fermer le port de Gênes aux bâtimentsanglais , en représaille des hostilités com-mises par eux, en 1795 , contre des naviresfrançais . Le sénat refusa même de recon-naître plus longtemps le comte de Gi-rola, envoyé de l’empereur, sous prétextequ’il avait excité les troubles des fiefs im-périaux. Le peuple génois, qui entretenaitde grandes relations commerciales avec laFrance , était bien disposé; et le sénat avaitdonné trop de preuves de modération pourqu’on ne dût pas en être satisfait. Mais cen’était pas assez, ni pour l’ambition du Di-rectoire , ni pour mon repos; et nous au-rions voulu que la Ligurie fît décidémentcause commune avec la France . La présencedu ministre anglais Drake, les bruits qu’il ré-pandait à dessein sur les derrières de l’ar-mée, l’enlèvement de la frégate la Modeste,et autres affronts dont Gênes n’était pointcoupable, me parurent des griefs plausi-bles. Bien convaincu qu’il suffit parfois deprendre un ton impérieux pour se fairecraindre, je dépêchai, au moment où desembarras de toute espèce m’inquiétaientsur l’Adige, un aide-de-campau doge, avecune série de griefs dont je demandais répa-ration ; menaçant, en cas de refus, de mar-cher sur Gênes . Mais le moment n’étaitguère propice : Faypoult me démontra

qu’un éclat intempestif gâterait tout; d’ail-leurs , la nouvelle que le Directoire traitaità Paris avec la république détourna le coup ;et, en attendant que je pusse en porter undernier à son indépendance, je la rançon-nai par de nouvelles demandes d’argent.

Le 9 octobre, un traité stipulant le paie-ment de quatre millions, la clôture du portaux Anglais , et le libre passage à nos trou-pes et aux convois destinés pour l’arméed’Italie, transforma Gênes en place d’armesfrançaise .

Troubles dans les fiefs.

Les paysans des fiefs impériaux, instiguésselon les uns par les agents de Faypoultmême, et selon d’autres par le comte de Gi-rola, ne s’accommodèrent point de ce traité,et organisèrent un second soulèvement.Le .fief de Ste-Marguerite, situé avantageu-sement dans la vallée de la Scrivia, fut lefoyer de la révolte. On y rassembla les pri-sonniers de guerre échappés et les déser-teurs , afin de les envoyer ensuite dans leTyrol, en passant par Sestri di Levante. Làétait un dépôt d’armes et de munitionsqu’on retirait en secret de Gênes . Wurm-ser, instruit de ces mouvements, voulutqu’un officier fût chargé de leur direction ;mais il fut encore prévenu dans cette occa-sion : les Français envoyèrent des colonnesmobiles dans les fiefs, dissipèrent le ras-semblement , prirent des otages, et s’empa-rèrent des armes. Au reste, à l’exceptiondes Barbets, qui inquiétaient les passagesde l’Apennin, tout le nord de l’Italie setrouvait assez tranquille, grâces à la pré-sence de la petite armée de Kellermann.

Affaires de Corse.

La possession de la Corse devenait dejour en jour plus difficile et plus onéreuseaux Anglais . Non seulement la déclaration