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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

de guerre de l’Espagne rendait scabreuseleur station dans la Méditerranée, et lais-sait cette colonie en butte aux efforts dedeux puissances très-riches en troupes dedébarquement : ils avaient encore à redou-ter les habitants, dont la majeure partie étaitrestée sincèrement attachée à la France : lesPaolistes mêmes, déçus par l’Angleterre,avaient déjà commis plusieurs actes hosti-les contre le vice-roi.

Les Anglais occupent Porto-Ferrajo.

Lord Elliot, convaincu depuis longtempsqu’il n’était pas de l’intérêt de la Grande-Bretagne de conserver, par la force desarmes , une station dont la population étaitsi irritable, se préparait de longue main àévacuer Me. En apprenant l’entrée destroupes françaises à Livourne , et les ap-prêts faits à Toulon pour une expéditionprochaine, il sentit l’urgence d’occuperPorto-Ferrajo, station maritime, militaireet commerciale, qui réunissait pour l’An-gleterre presque tous les avantages de laCorse, sans en avoir les inconvénients. Dèsle 10 juillet, il somma le commandant toscan ;et celui-ci, en représailles de l’occupationde Livourne , lui permit d’occuper les fortsconjointement avec les troupes du grand-duc.

Ils se préparent à évacuer la Corse.

Elliot ne tarda pas à s’en applaudir. Lemécontentement des Corses allait toujourscroissant ; la gloire que je faisais rejaillirsur eux, et l’accueil que les patriotes de cepays recevaient en France , contrastaienttrop avec le traitement que leurs concitoyenséprouvaient des Anglais , pour ne pas accroî-tre la haine qu’on leur vouait, et excitertous les habitants à secouer leur joug. Lenombre des patriotes réfugiés à Marseille et

à Livourne grossissait de jour en jour, etles intelligences qu’ils entretenaient avec lesdissidents qui dans le principe s’étaient ran-gés sous les bannières de l’Angleterre, an-nonçaient que le moment d’éclater étaitvenu. Un ordre d’évacuation de la part del’amirauté au lord gouverneur épargna unelevée de boucliers.

Le général Gentilli doit en prendre possession.

Cependant j’étais personnellement tropintéressé à seconder les dispositions de mescompatriotes pour ne pas les aider: j’avaischargé le général Gentilli de faire en secret,à Livourne , les préparatifs d’une expédition.D’un autre côté, le gouvernement prescri-vait à Toulon l’armement indispensable pourcette entreprise ; et l’escadre espagnole deLangara, en sortant de Carthagène au nom-bre de vingt-cinq vaisseaux, paraissait devoiren assurer le succès.

Aussitôt que Gentilli eut vent des dispo-sitions des Anglais pour la retraite, il fitembarquer le général Casalta avec un petitdétachement de troupes de ligne et quelquesréfugiés armés. Cet officier, bravant les croi-sières ennemies, luttant contre les éléments,parvint, malgré toutes les contrariétés, àdescendre, le 19 octobre, en Corse. Dès lelendemain, il fut joint par un nombre assezconsidérable de patriotes, avec l’assistancedesquels il se porta aussitôtsur Bastia . Maîtredes hauteurs qui dominent la ville, et pro-tégé par les habitants, il somma la garnisondu fort ; les Anglais gagnèrent leurs vais-seaux ; mais leur arrière-garde, où se trou-vait le régiment émigré de Dillon, perditquelques prisonniers. S‘-Florent et Ajaccio furent bientôt après délivrés de leur pré-sence ; de sorte qu’en peu de jours Me en-tière rentra sous l’obéissance de l’empiredont elle fait partie.