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férieure dans un terrain marécageux, oùl’on ne combattait que sur trois digues, etoù j’aurais ainsi tout l’avantage de la défen-sive, jointe à la supériorité individuelle demes soldats.
Première journée d'Arcole.
J’avais retiré du blocus de Mantoue le gé-néral Kilmaine avec 2 mille hommes; jeconfiai à ce détachement la défense de Vé-rone , où il nous était d’autant plus indis-pensable de nous maintenir, qu’il fallaitbarrer le passage de la vallée de l’Adige àAlvinzi, pour l’empêcher de donner la mainà Davidowich. Avec les divisions Massénaet Augereau, et la réserve de cavalerie,formant en tout environ 20 mille hommes,je partis de Vérone le 14, et je me rendis àRonco, où je fis jeter un pont sur l’Adige .On a prétendu que j’eusse mieux fait depasser à Albaredo pour éviter l’Alpon, sesmarais, et le défilé d’Arcole.
Il est vrai que j’eusse ainsi gagné plusfacilement Villa-Nova, mais je n’étais pasassez fort pour me jeter à corps perdu surla seule route d’Alvinzi; il fallait la menacersans quitter l’appui de l’Adige , et en se rap-prochant le plus vite possible et de Vérone et de la division Vaubois. Le mouvementd’Albaredo était trop large pour remplir cetriple but, et il était par trop dangt^euxd’aller se mettre en bataille sur l’Alpon, àVilla-Nova, en faisant face en arrière versVérone .
Quoi qu’il en soit, le 15 novembre, nouspassâmes l’Adige à Ronco. Le terrain qui lasépare de l’Alpon est entièrement inondé :pour en sortir, il n’y avait que trois digues.Masséna se porta par celle de gauche, quilonge I’Adige, jusqu’à Porcil. Augereauprit celle du centre, qui aboutit au pontd’Arcole, sur l’Alpon. Une brigade deCroates, détachée en flanqueurs de gauche,
défendait ce dernier point. Ces troupes pro-fitèrent avec succès des avantages que pré-sentait ce terrain, pour repousser les atta-ques d’Augereau. Cette circonstance, queje ne pouvais prévoir faillit nous devenirfuneste : la résistance des Croates donna àAlvinzi le temps d’accourir à leur secours.Le général autrichien, inquiet pour sesderrières, envoya Provera avec six batail-lons à la rencontre de Masséna, à Porcil,et, avec le gros de son armée, il rétro-grada sur St-Bonifacio.
L’obstacle imprévu que la défense d’Ar-cole présentait ne m’empêcha pas de per-sister dans mon projet. Si je ne pouvaispas atteindre Villa-Nova par la rive gau-che de l’Alpon, je pouvais agir par Porcilplus directement sur la ligne de retraited’Alvinzi ; mais il fallait être maître du vil-lage et du défilé d’Arcole, pour assurerma droite, et ne pas être pris moi-mêmedans ce cul-de-sac. Je fis de nouveaux ef-forts pour emporter le pont. La plupart demes généraux avaient été blessés en vou-lant payer d’exemple. Je me jetai moi-même à la tête des grenadiers. Tout futinutile. Je dus reconnaître que le possibleavait des bornes, même pour mes troupes.La tête de colonne, criblée, fut ramenéevigoureusement. Au milieu de ce désordre,je fus jeté dans le marais, où je courusgrand risque d’être pris : Belliard chargeaavec une compagnie de grenadiers pour medonner le temps d’en sortir.
Cependant, vers le soir, les Autrichiensabandonnèrent Arcole, à l’approche d’unede mes brigades à laquelle j’avais fait passerl’Adige au bac d’Albaredo, et qui s’avançaiten remontant la gauche de l’Alpon. Mais ilétait déjà trop tard ; je ne voulais pas mehasarder à passer la nuit avec des troupesentassées dans des marais, en présence del’armée ennemie, déployée entre St - Bo-