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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

projetais de remonter la Brenta pour venirassaillir en queue Davidowich.

Affaire de la Brenla.

Je m’avançai vers la Brenta avec Auge-reau et Masséna; je trouvai déjà l’ennemien deçà de cette rivière. Le 6 , Masséna at-taqua , à Carmignano , la gauche d’Alvinzicommandée par Provera. Sa droite, aux or-dres de Quasdanowich, fut attaquée enmême temps par Augereau à Lenove. Nousn’obtinmes qu’un demi-succès. Provera re-passa la Brenta, et Quasdanowich se rap-procha de Bassano sans que nous ayons putrouver jour à les entamer sérieusement.

L’ennemi était plus fort et mieux disposéà nous recevoir que je ne m’y attendais.D’un autre côté, j’appris qu’il pressait vive-ment Vaubois dans la vallée de l’Adige . Ilfallut renoncer à mes projets. Je sentis lanécessité de me rapprocher de Vaubois etde Kilmaine . Dès le 7 , je repris le cheminde Vérone ; Alvinzi me suivit, et arriva le11 à Villa-Nova. Vaubois, attaqué à Calliano ,soutint de rudes combats. Le e et le 7, il semaintint dans sa position; mais, craignantd’être tourné par sa droite, il se retira, dansla nuit du 7 au 8 , jusqu’à la Corona. Je cou-rus à toute bride à cette division, je haran-guai les 59 e et 85 e qui avaient faibli à Calliano .Je les menaçai d’écrire sur leurs drapeauxqu’ils n’étaient plus dignes d’être de l’arméed’Italie . Ils jurèrent de vaincre ou de mourir.

Combat de Caldier o.

Cependant je commençais à être serré deprès. Je ne voulus pas l’être davantage, etje me déterminai à tomber de nouveau sur

[1] Les hauteurs de Caldiero sont un contrefortdes montagnes de Sette-Communi, qui tombe gra-duellement jusqu’à l’Adige , et traverse la chausséede Vérone à Vicence . Ces hauteurs, d’une pente fort

Alvinzi. Le 11, je sortis de Vérone avecMasséna et Augereau, et le lendemain, j’at-taquai l’ennemi que je trouvai en position àCaldiero . Une pluie congelée, qu’un ventviolent de nord-est chassait dans la figurede nos soldats et les fortes positions del’ennemi [1], rendirent nos efforts superflus;nous fûmes repoussés.

Je passe l’Adige à Ronco.

Rentré dans Vérone , je me vis dans uneposition critique ; j’étais trop faible partout.La fortune des armes semblait se déclarerformellement contre nous. Mais si j’avaissu profiter de ses faveurs, je voulais prouverque je savais aussi la maîtriser, lors mêmequ’elle m’était contraire. Un autre général, àma place, n’aurait songé qu’à repasser leMincio, et eût perdu l’Italie . Mais tout monavenir s’écroulait avec la perte de mes con-quêtes. Il fallait risquer le tout pour letout. Je me déterminai à passer l’Adige au-dessous de la gauche d’Alvinzi, pouragir sur ses derrières. Le parti semblaithasardeux; mais il était sage, parce qu’ilétait le seul qui me laissât encore quelquechance de succès.

Alvinzi, en se présentant devant Vérone par la route de Caldiero , avait à sa droitedes montagnes impraticables, à sa gauchel’Adige , en face une place dont l’enceinteétait à l’abri d’un coup de main. Le terrainqu’il occupait, fermé ainsi de trois côtés, nelui offrait d’autre issue que le défilé deVilla-Nova. En passant à Ronco, je m’ap-prochais de cette issue, je forçais l’ennemià combattre face en arrière pour s’ouvrirun passage; enfin, je plaçais mon armée in-

roide, couvertes de vignobles, flanquées d’un côtépar le fleuve, et de l’autre parles hautes montagnesauxquelles elles se rattachent, forment un des poslesmilitaires les plus remarquables