73
eut de nouveau plus de 40 mille hommes àses ordres; pour la quatrième fois, il fallutdonc combattre pour la possession de Man-toue.
Avant l’arrivée des renforts que j’atten-dais du Rhin , je ne tardai pas à apprendrequ’Alvinzi avait repris l’offensive et je volaisur l’Adige . Mon armée occupait les posi-tions suivantes : la division Serrurier devantMantoue; Augereau sur l’Adige , depuisVérone jusque au-delà de Legnago; Mas-séna à Vérone ; Joubert, avec une qua-trième division, à la Corona et à Rivoli.Chacune de ces quatre divisions était d’en-viron 10 mille hommes. Le général Rey setrouvait à Desenzano avec une réserve de4 mille hommes.
L’ennemi avançait à la fois sur mon centreet sur mes deux ailes par Roveredo , parVicence et par Padoue . Comme nous igno-rions sur laquelle de ces trois directions ilportait le gros de ses forces, je me déter-minai à garder mes positions jusqu’à cequ’il eût développé ses projets. Le 12 jan-vier, la colonne qui s’avançait par Vicence s’approcha de Vérone , et fit plier les avant-postes de Masséna. Mais le gros de la di-vision de ce général ayant débouché surSt-Michel, l’ennemi fut repoussé avec perte.J’acquis la certitude qu’il n’était pas en forcessur ce point.
Joubert est repoussé sur Rivoli.
Le lendemain dans l’après-midi, je reçusla nouvelle que le général Joubert, presséde front par des forces supérieures, et me-nacé sur ses deux flancs par de fortes colon-nes , avait été obligé dans la matinée d’éva-cuer la position de la Corona et de se repliersur Rivoli, d’où il comptait continuer sa re-traite sur Castel-Novo. Dès lors, plus dedoute sur les projets de l’ennemi. Il étaitclair que la colonne de Vicence et celle qui
se dirigeait sur le bas Adige n’étaient quedes diversions pour faciliter la marche ducorps principal, qui se portait par la valléede T Adige. L’important était donc de battrece corps en lui opposant le gros de mon ar-mée. Je partis sur-le-champ de Vérone avecla plus grande partie de la division Masséna.Je ne laissai à Vérone qu’environ 2 millehommes pour contenir la colonne de Vi-cence ; j’envoyai en même temps l’ordre àRey de se diriger de Salo sur Rivoli, oùj’avais résolu de réunir la masse de mes for-ces. Le rapport de Joubert m’avait fait de-viner qu’Alvinzi, cédant à la manie ordinairedes Autrichiens, ne s’était pas contenté des’affaiblir par les corps lancés sur Vérone et Legnago, mais qu’il avait encore dissé-miné ce qu’il avait avec lui. Je compris qu’enoccupant le plateau de Rivoli, où venaientse réunir les différents sentiers qui sillon-nent cette contrée montagneuse , je gagne-rais la faculté d’agir en masse contre descolonnes séparées entre elles par des obsta-cles insurmontables. Pour ne pas me des.saisir de cet avantage, j’ordonnai à Joubertde se maintenir à tout prix en avant de Ri-voli jusqu’à mon arrivée.
Je ne m’étais pas mépris sur les disposi-tions d’Alvinzi. Ce général, en partant deBassano , avait envoyé Provera avec 8 millehommes sur Legnago, et Bajalich avec smille sur Vérone . Lui-même, à la tête d’en-viron 30 mille hommes, déboucha par Ro-veredo sur la Corona. Il subdivisa encorecette petite armée en six colonnes. Trois deces colonnes, formant un total de 12 millehommes, pressaient Joubert de front. Legénéral Lusignan, avec une autre de 4 millehommes, devait tourner notre gauche enpassant par le revers occidental du Monte-Baldo . Quasdanowich, avec une cinquièmecolonne de 8 mille hommes, était destiné àassaillir la droite, en se portant par le che-
10