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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
min qui longe la droite de l’Adige : l’artil-lerie et la cavalerie, ne pouvant être em-ployées dans les sentiers des montagnes,suivaient cette dernière colonne. Enfin Wu-kassowich, avec la sixième de 4 mille hom-mes , descendait la gauche de l’Adige , sedirigeant sur la Chiusa . Pour se faire uneidée de tout le décousu de ces dispositions,il faut se rappeler que la crête du Monte-Baldo empêchant la communication entrela colonne de Lusignan et celles du centre,celles-ci étaient également séparées de cellede Quasdanowich par les sommités impra-ticables de San-Marco, et qu’enfin l’Adige se trouvait entre Quasdanowich et Wukas-sowich. Outre cela, toutes les colonnes agis-santes de l’ennemi arrivaient par les mon-tagnes sans canon, tandis que, placé sur leplateau de Rivoli, je pouvais les recevoirsuccessivement même avec du canon dedouze. Il était aisé de prévoir que le moin-dre incident qui les empêcherait de donneravec un ensemble parfait, nous assureraitla victoire.
Bataille de Rivoli.
Mes ordres, parvenus à Joubert au milieude la nuit, le trouvèrent en pleine retraite.Il retourna sur-le-champ dans la positionde Rivoli, que fort heureusement l’ennemin’avait point encore eu le temps d’occuper.Je l’y rejoignis après minuit; il faisait unbeau clair de lune, et les feux éclairant lescimes blanchies du Monte-Baldo , nous pû-mes compter les cinq camps ennemis. Le uau matin, je fis mes dispositions : le gros dela division Joubert marcha sur Caprino,San-Giovanni et San-Marco, contre le centredes Autrichiens, pendant qu’une demi-bri-gade, placée dans des retranchements enarrière d’Osteria, couvrait ma droite et ar-rêtait Quasdanowich. Masséna, qui avançaità grands pas, reçut en même temps l’ordre
de détacher une demi-brigade pour contenirLusignan. Le combat s’engagea vivement :Joubert n’était pas le plus fort; sa gauchedébordée plia. A la vue de ce mouvement,la droite, commandée par le général Vial,rétrograda aussi; mais la 14 e de ligne se sou-tint admirablement au centre, et me donnales moyens de rétablir les affaires. J’ac-courus à la gauche, et dirigeai à son soutienla colonne de Masséna qui venait d’arriver.L’ennemi fut repoussé, et notre gauche serétablit sur les hauteurs de Trombalora.
Néanmoins le moment critique n’était pasencore passé : ma droite était vivementpoursuivie par les Autrichiens qui descen-daient des hauteurs de San-Marco. En mêmetemps Quasdanowich avait forcé les retran-chements d’Osleria, et sa colonne commen-çait à gravir le plateau de Rivoli. D’un autrecôté, Lusignan, maître de Coserman, sedirigeait par Affî sur mes derrières.
Je me voyais entouré, mais, loin de perdrecourage, je demeurai convaincu que, si jepouvais parvenir à culbuter Quasdanowich,je n’aurais rien à craindre de Lusignan, quine faisait que courir à sa propre perte.Quasdanowich était obligé de défiler parun ravin très-profond et enfilé par nos bat-teries. A peine la tête de sa colonne parut-elle sur le plateau, qu’elle fut assaillie surses deux flancs par de l’infanterie, et enfront par de la cavalerie que l’intrépideLasalle mena à la charge. L’ennemi fut cul-buté et rejeté dans le ravin. Le désordre yétait déjà grand, lorsqu’un de nos obus vintfaire sauter un caisson dans le profond ra-vin qui longe l’Adige , où les Autrichiensétaint entassés : dès lors la confusion et laterreur y furent au comble : infanterie, ca-valerie, artillerie, rétrogradèrent pêle-mêlepar Incanale.
Débarrassé de Quasdanowich, je réunistous mes efforts pour soutenir Vial qui