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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
de front. Serrurier la prit à revers, en pas-sant l’Isonzo entre cette ville et Montfal-cone; la garnison capitula. Alors je re-montai la rive gauche de l’Isonzo avecSerrurier et Bernadotte ; Guyeux se portapar Cividale sur Caporetto . En appuyant àdi'oite par le val de Yippach, je projetaisde couper à l’ennemi le chemin de Czer-nita, ou de l’obliger à s’enfoncer dans lavallée de l’Isonzo, par Canale sur Capo-retto .
Affaire de Tarvis.
Le premier intérêt de l’archiduc était d’é-viter une bataille décisive avant l’arrivéedes troupes du Rhin ; aussi eut-il garded’attendre que j’eusse achevé mon mouve-ment. Il se replia en toute hâte par Czer-niza et Adelsberg sur Laybach. Je le fissuivre par Bernadotte , et je tournai mesefforts contre la colonne de Gontreuil et deBayalitsch. Celle-ci, du moins, ne pouvaitm’échapper. Embarrassée par le convoiqu’elle accompagnait, suivie par Guyeux etpar Serrurier qui remontaient l’Isonzo , ellese vit encore arrêtée en tête par Masséna.Ce général avait forcé les gorges de Pon-teba, occupé Tarvis, et rejeté Ocskay surWurtzen. Gontreuil essaya en vain de s’ou-vrir le passage par Tarvis. Il fut refoulédans les gorges d’Ober-Preth, où lui etBayalitsch se trouvèrent investis. Us mirentbas les armes. Près de 4 mille prisonniers ,2 5 canons, et 400 chariots de bagage tombè-rent entre nos mains. Le 28, je réunis à Vil-lach les divisions Masséna, Guyeux et Ser-rurier. Bernadotte avait suivi l’archiduc parLaybach; pour flanquer notre marche, ilpoussa des éclaireurs sur Trieste , afin de sesaisir des ressources de cette cité floris-sante, et en imposer à la Hongrie .
L’archiduc estjoint parles renforts du Rhin .
L’archiduc qui, de Laybach, avait marché
par Klagenfurt sur St-Veit, y fut joint parles premiers renforts venus d’Allemagne .J’écrivis, de Klagenfurth , une lettre à ceprince pour déplorer les malheurs d’uneguerre que rien ne pouvait justifier pluslongtemps, et allumer dans son noble cœurle désir de la paix. Il me répondit qu’il n’avaitaucun pouvoir de traiter, et ne désirait pasmoins que moi de mettre un terme aux ca-lamités de la guerre.
Cependant il ne se crut pas encore en étatde me livrer bataille. A mon approche il seretira à Neumarck, et le so, j’arrivai à St-Yeit.Le 2 avril, Masséna força les gorges deDirnstein, et culbuta les arrière-gardes en-nemies à Neumarck et Hundsmarck. Lesgrenadiers venus du Rhin furent défaits dansces deux rencontres. L’archiduc continua saretraite sur Vienne . Le s, j’arrivai à Juden-bourg. Deux jours après, les Autrichiens,qui avaient eu le temps d’envoyer à Vienne la lettre où je manifestais le désir de la paix,me demandèrent un armistice pour en trai-ter. J’y consentis avec joie ; ma position étaitplus brillante que solide. Je ne me sentaispas assez fort pour porter des coups décisifsà la monarchie autrichienne ; car les arméesdu Rhin et de Sambre-et-Meuse, malgré lasupériorité qu’elles avaient acquise depuisle départ de l’archiduc, ne bougeaient pointencore de leurs cantonnements sur la rivegauche du fleuve, et je ne pouvais de long-temps espérer aucun secours de leur part :j’eus un moment l’idée qu’on voulait me sa-crifier en me faisant battre. Outre cela j’avaisde justes sujets d’inquiétude pour mes com-munications.
Opérations de Joubert en Tyrol.
Joubert avait commencé par obtenir dessuccès ; après avoir battu séparément Ker-