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pen et Laudon, le premier, le 20 mars sur leLavis, et le second, le 22 à Neumarck, il avaitpoussé jusqu’à Brixen. Kerpen se replia surSterzing, et Laudon dans la vallée de Meran .Mais bientôt la scène change de face. LesTyroliens sont un peuple guerrier, indépen-dant et religieux ; le gouvernement autri-chien avait eu grand soin de nous fairepasser à leurs yeux pour des ennemis dela religion, etlesravages, inséparables delàguerre, les avaient en outre exaspérés. A lavoix du comte de Lehrbach, ils courent auxarmes. Plus de 10 mille d’entre eux viennentjoindre Laudon, et lui donnent les moyensde reprendre l’offensive en redescendant surBotzen dans la vallée de l’Adige. Joubertétait de force à se mesurer avec eux s’il vou-lait revenir sur ses pas;mais, après l’affairedu Tagliamento , je lui avais envoyé l’ordrede se rabattre sur la Carinthie . Bien qu’ilse vît entouré d’ennemis, il jugea qu’il étaittemps de venir se réunir à moi, en passantpar les vallées de la Rienze et de la Drave.Le 5 avril, il part de Brixen , et se dirigeparPruneckenetLientzsurVillach : marchehardie, qu’il exécute à travers un pays in-surgé, sans éprouver aucune perte.
Le Tyrol se trouvant ainsi évacué parnous jusqu’à Trente, Kerpen marche parRattenberg et la vallée de la Salza surMuhrau pour se réunir à l’archiduc. Lau-don, renforcé des milices tyroliennes, des-cend l’Adige , culbute les faibles détache-ments qui la couvraient, et se porte versla terre ferme de Venise , où tout était enfermentation.
Vêpres véronaises.
Le sénat, exaspéré par les événements deBrescia dont nous venons de parler, n’avaitsongé qu’à la vengeance. L’approche deLaudon fut le signal d’une insurrection gé-nérale des habitants des campagnes, que
les oligarques, et plus encore les prêtres,avaient réussi à fanatiser contre nous. Unerépétition des Vêpres siciliennes eut lieu àVérone : les Français que l’on trouva dansla ville furent égorgés. Le général Balland,qui y commandait, s’était retiré dans leschâteaux avec 3 mille hommes. Il y futassiégé d’un côté par Laudon, de l’autrepar les insurgés, soutenus d’un corps d’Es-clavons aux ordres du général Fioravanti,que le sénat envoya de Venise . Mais l’ar-mistice de Judenbourg ayant été signifiéà Laudon, ce général rentra dans leTyrol.
Victor réduit les insurgés.
Les Vénitiens, abandonnés à leurs pro-pres forces, ne purent résister à un corpsd’environ 15 mille hommes que le généralVictor rassembla, en réunissant sa divisionaux différentes garnisons des places deLombardie conduites par Kilmaine . Fiora-vanti mit bas les armes, et les insurgésfurent entièrement dissipés.
Situation des deux armées.
Pendant ce temps , je travaillais avec ar-deur à la conclusion de la paix. Indépen-damment des événements dont je viens deparler, qui me donnaient de justes appréhen-sions pour mes communications, je voyaisavec inquiétude que le sort de la guerredevait se décider sous les murs de Vienne par une bataille où les chances ne seraientpoint, en notre faveur. A la vérité, la jonc-tion de Joubert et de Bernadotte me don-nait de nouveau une armée de 50 mille com-battants ; mais les armées du Rhin étaientencore dans l’inaction à 150 lieues derrièremoi; l’archiduc, soutenu de la levée enmasse des Hongrois , et des volontaires queles dangers de la capitale ne pouvaient man-quer de rallier ' à son armée, se serait