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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CESAR, ETC.

ment refusé me fut accordé. L’armée d’I-talie fut renforcée de trois demi-brigadeset d’un régiment de cavalerie ; plus de 8mille réquisitionnâmes vinrent compléterles cadres de mon infanterie : on m’assuraaussi une remonte de 1,600 chevaux; on sou-mit le traité d’alliance offensive et défensiveavec le Piémont à la ratification des con-seils : enfin le Directoire , pour me donnerune preuve de sa condescendance, alla jus-qu’à réformer Kellermann, et rappeler de Na-ples l’ambassadeur Cacault, contre lesquelsj’avais témoigné quelque mécontentement.

Je me décide à signer la paix à Campo-Formio.

Je n’avais pas attendu l’effet de toutesces résolutions : encouragé par la missionsecrète de Bottot, et certain d’obtenir lasanction du Directoire sur lequel j’espéraisdésormais exercer une grande influence,je résolus de ne point m’arrêter aux instruc-tions du ministère, qui eussent amené àPasseriano le même résultat qu’à Lille .Après tes simulacres d’usage, et des pré-tentions élevées à dessein d’atteindre plusfacilement le but désiré, je me décidai brus-quement à terminer, sans attendre plusample autorisation.

Plusieurs raisons contribuèrent à mefaire prendre ce parti. Bien que l’arméed’Italie fût dans un état florissant, et qu’elleeût une bonne base d’opérations dansOsoppo et Palmanova , la saison était déjàtrop avancée pour ouvrir la campagne enCarinthie ; d’un autre côté, je risquais deperdre tous les avantages de l’initiative, enlaissant à l’empereur le loisir de réorganiserses forces durant l’hiver. D’ailleurs la posi-tion des armées respectives mettait beau-coup d’équilibre dans les chances. Les Au-trichiens étaient près de leur centre depuissance, à portée de leurs magasins etde leurs dépôts, sans inquiétude pour leurs

flancs, couverts d’un côté par la Croatie oula Hongrie , et de l’autre par le Tyrol, pro-vinces toutes belliqueuses, et disposées àseconder leurs opérations au premier si-gnal. Nous avions au contraire tout à crain-dre pour nos derrières, sur lesquels Naples ,qui épiait l’occasion de satisfaire sa haine,Venise , qui n’aspirait qu’à se débarrasserd’un voisinage odieux, et le roi de Sardai-gne , à qui les retards opposés à la ratifica-tion du traité d’alliance dévoilait tous sesdangers, auraient pu fondre de concert.Ajoutez à cela que l’Autriche avait le grosde ses forces contre moi, et que nousavions au contraire le gros des nôtres surle Rhin , à 200 lieues derrière mon armée,qui aurait ainsi à supporter durant un moistout le poids de la guerre. Enfin la rupturedu Directoire avec l’Angleterre, l’incohé-rence des plans adoptés par le gouverne-ment en cas de guerre, me firent un de-voir d’être moins exigeant, et de consentirà la double cession de Venise et de Salz-bourg. Aussi le 17 octobre, au moment oùl’on s’attendait à voir recommencer les hos-tilités, la paix fut-elle signée à Campo-For-mio.

Conditions du traité.

Le traité se composait de 25 articlespatents, dont les clauses principales por-taient la confirmation des cessions de la Bel-gique et de la Lombardie , y compris Man-toue, le consentement donné aux limitesdu Rhin et des Alpes . En échange, lesétats de Venise étaient assurés à l’Autriche jusqu’à la rive gauche de l’Adige , avec laplace de Vérone et un arrondissement dé-terminé. Les provinces de Brescia et deBergame , situées sur la rive droite, furentdévolues à la république cisalpine , les fiesIoniennes à la France .

Quatorze articles secrets, plus impor-tants en quelque sorte que le traité, spéci-