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Tome premier.
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CHAP. III. CAMP. DE 1797 EN AUTRICHE .

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fiaient les limites de la république et les aban-dons de territoire qui devaient en résulter.L’empereur promettait de ne point soutenirl’empire germanique, si la diète se refusaitaux cessions sur la rive gauche du Rhin ;la libre navigation de ce fleuve et de laMeuse était promise ; la France consentaità ce que l’Autriche acquît le pays de Salz-bourg, et reçût de la Bavière lTnnviertelet la ville de Wasserbourg sur l’Inn. L’Au-triche cédait le Frickthal pour être remisà la Suisse, les fiefs impériaux pour la Li-gurie , et le Brisgaw au duc de Modène ,en échange de ses états amalgamés avec laCisalpine. La France s’engageait à rendreles états prussiens entre la Meuse et leRhin . Des indemnités étaient promises enAllemagne aux princes dépossédés sur larive gauche de ce fleuve, de même qu’austathouder. Enfin l’article vu laissait entre-voir que bien d’autres partages pouvaientencore avoir lieu, en stipulant que, sil’une des puissances contractantes fai-sait des acquisitions en Allemagne ,Vautre en ferait d’équivalentes.

Résultats de ce traité.

Cette paix était glorieuse, et pouvait êtresolide; elle était glorieuse, puisqu’elle assu-rait à la France la Belgique , la ligne duRhin et des Alpes, Mayence , l’influence surl’Italie ; enfin les îles Ioniennes, possessionimportante, qui pouvait être pour nous laclef du Levant, et offrait d’immenses avan-tages maritimes. Elle devait être solide,puisque l’Autriche recevait d’amples com-pensations pour les provinces qu’elle nouscédait. A la vérité, cette puissance séparéedésormais du Piémont par la Cisalpine ,voyait passer dans nos mains toute l’in-fluence sur la maison de Savoie et Tltalieseptentrionale ; mais son territoire contigujusqu’à l’Adige, avec Vérone , Legnago et

Venise , lui donnait une base bien meilleurepour agir désormais dans ce pays. La paixdevait donc lui paraître d’autant plus avan-tageuse, qu’elle avait en quelque sortegrandi par ses défaites. Vaincue à Jemmape,Fleuras, Juliers, Loano, Ettlingen , Monte-notte, Lodi, Castiglione, Bassano, Arcole,Rivoli, elle n’en avait pas moins augmentéet arrondi son territoire de 3 millions d’ha-bitants : elle avait changé les provinces loin-taines de la Belgique, contre la Galicie quise liait à ses frontières; elle avait pris lesétats de Venise contre la Lombardie , aveclaquelle elle ne pouvait communiquer jadissans passer sur le sol étranger ; elle avaitchangé le port d’Anvers , flétri et ruiné parla clôture de l’Escaut, contre celui de Venise ,bien plus avantageux à son commerce et àsa puissance politique.

Quant à la France , elle devait se réjouiravec d’autant plus de raison de cette paix,que, dans le même instant, la marine an-glaise venait de remporter une victoiresignalée : Duncan avait battu et détruit àmoitié la flotte hollandaise le 18 octobre àCamperduyn, sur les côtes de la Nord-Hol-lande , et ce succès important, ne pouvantqu’apporter un obstacle de plus à la paixmaritime, devait rehausser le prix d’un rap-prochement avec l’Autriche .

Mais les passions les plus exaltées étaienten jeu ; elles entraînèrent bientôt les deuxpartis, et une nouvelle conflagration géné-rale embrasa les deux hémisphères. Lamanie de propagande du Directoire , ledéfaut d’un système solide de politiqueextérieure, et la haine que l’étranger por-tait à nos institutions républicaines, ne pou-vaient tarder à provoquer un nouveau choc.

Révolution de la Yalteline.

A peine le traité de Campo-Formio était-il signé, que de toutes parts se préparaient