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Tome premier.
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CHAP. III. CAMP. DE 1797 EN AUTRICHE .

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bienfaisantde leur neutralité. Le Directoire ,qui avait déjà des vues pour démocratiserentièrement ce pays et l’attirer dans sesfilets, ne fut que plus enclin à exécuter cetimprudent projet.

Le Directoire fomente une révolution en Suisse .

Rewbel et Talleyrand avaient imaginé,dit-on, d’entourer la France de petites ré-publiques démocratiques, soit pour couvrirses frontières en les séparant de l’Autriche et des états monarchiques, soit pour s’assu-rer un système fédératif capable de balan-cer de nouvelles coalitions [ 1 ]. On se flattait,par ce moyen bizarre, de créer un nouveausystème d’équilibre politique, non entre desmasses de puissances, maisentre des dogmesde gouvernements. On croyait ne pouvoirdéfendre la république française contre lesmonarchies européennes, qu’en lui faisantune ceinture de petits états démocratiquescomme elle. C’était une utopie diplomatiquequi n’avait pas le sens commun.

D’abord, il est certain que le voisinagede ces frêles états au lieu d’éviter des pointsdirects de contact avec l’Autriche , jetteraitsans cesse dans des altercations avec elle ;car ces états ne pouvant’ exister que sousl’influenee française, il faudrait se mêler detoutes les tracasseries qu’ils auraient surleurs frontières avec les Autrichiens. Undouanier cisalpin pouvait amener uneguerre, aussi-bien que le nez coupé del’Anglais Jeffrys en avait amené une entreGeorges n et Louis xv .

L’alliance avec l’Espagne et les rapportsd’amitié avec la Prusse prouvaient qu’il étaittrès-facile de se donner du poids dans labalance réelle de l’Europe sans y attacher

[i] Quelques personnes affirment que le projet enfut suggéré par Rewbel ; d’autres l’imputent à Tal-leyrand : ce qu’il y a de certain , c’est qu’il se déve-

des idées doctrinaires qui, en politique,pèsent fort peu , et sont plus souvent unprétexte qu’un but.

Conformément à ce beau projet, Mengaudfut donc chargé d’ourdir des intrigues àBâle, Arau et Zurich , pour faire intervenirla France dans une révolution, commecelaavait eu lieu à Gênes . Mangourit en faisaitautant en Valais ; et la chose n’était pasmoins facile dans le pays de Vaud , cédéau canton de Berne , en 1565, sous la ga-rantie de la France .

Réclamation des Vaudois.

Plus fondés encore dans leurs réclama-tions que les Valtelins, que les bourgeois deterre ferme et tous ceux qui réclament leurpart de droits politiques imprescriptibles,les Vaudois voulaient obtenir des Bernois lesmêmes prérogatives dont ils avaient jouisous les ducs de Savoie . Ce n’étaient pasdes prolétaires demandant l’égalité, c’étaitun peuple éclairé demandant pour ses no-tables la part aux affaires publiques , quileur avait été assurée par des traités. LaFrance était garante , elle avait droit d’in-tervenir; mais au lieu de le faire noblementet de bonne foi, elle le fit avec une astucerépréhensible.

Le Directoire les appuie par la division Masséna.

Les Vaudois se soulevèrent, chassèrentles baillis bernois, et appelèrent à leur se-cours la division Masséna, cantonnée enSavoie , sur les bords du lac de Genève.Celle-ci entra dans le pays au commence-ment de janvier, sous les ordres de Brune,et s’avança jusqu’aux confins du pays deVaud . Les Bernois assemblèrent en toute

loppa sous son ministère, et que, s’il l’improuvait,il aurait dû se retirer.