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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

déjà de nouveaux éléments de discorde : lepremier fut la révolution de la Yalteline.Ce pays, sujet des Ligues-Grises, avait depuissants motifs de désirer son émancipa-tion; c’était une annexe de l’Italie , parlantla même langue, située au versant méri-dional des Alpes , et tîrant ses grains del’Italie . Ses habitants, exclus comme sujetsde toutes fonctions politiques, désiraientnaturellement un ordre de choses qui leurdonnât part au gouvernement. On les excitacontre les Grisons ; ceux-ci réclamèrent lamédiation de la France : on leur réponditpar la réunion de la Valteline à la Cisalpine .Le stérile avantage de reculer la nouvellerépublique jusqu’aux grandes Alpes , et denous assurer ainsi d’un pays qui versait surl’Italie , fit perdre de vue le danger qui pour-rait résulter un jour de cette fusion de laYalteline avec une province autrichienne .En effet, la république française, sûre alorsde l’amitié des Suisses , ne devait pas donnerà un état d’une existence aussi précaire quela Cisalpine , des droits qui pouvaient reve-nir un jour aux anciens possesseurs de laLombardie. La Valteline, réunie aux Gri-sons, fermait l’accès de la Suisse du côtédu Tyrol, diminuait l’influence de l’Autri-che sur les vallées helvétiques, garantissaitla frontière cisalpine , et couvrait parfaite-ment la ligne des troupes françaises appeléesà combattre sur l’Adige . En réunissantcette province à un état ci-devant autri-chien , c’était établir un contact direct entrele haut Tyrol et les communications de l’ar-mée française , ouvrir la route du Tonal etdu Breglio par Sondrio sur Milan ; enfindonner la clé des Alpes rhétiennes à l’Au-triche , si jamais elle rentrait en possessionde la vallée de I’Adda.

Négociation avec l’empire à Rastadt .

L’Autriche seule avait conclu la paix; il

fallait encore la faire avec l’empire. Cettefoule de petits princes abandonnés à leurspropres forces, n’étant pas en état de con-tinuer la guerre, ce n’eût été qu’une vaineformalité, s’il n’avait fallu arracher leurconsentement à la cession de la rive gauchedu Rhin en faveur de la France , et duSalzbourg et de l’Innviertel en faveur del’Autriche . Il y avait en outre à régler l’in-demnité des princes qui perdaient leurspossessions par ces arrangements. Un con-grès fut assemblé à Rastadt pour traiter cesquestions minutieuses et compliquées. Jem’y rendis en qualité de chef de la légationfrançaise, composée de Bonnier et de Treil-hard; mais je ne tardai pas à m’appercevoirque les discussions, n’étant plus appuyéesde l’appareil de la victoire, prendraient uncaractère diplomatique qui ne pouvait meconvenir. J’étais déjà trop habitué à déciderd’autorité, pour consentir à m’astreindreaux longueurs d’une négociation minu-tieuse. Je quittai Rastadt , après avoirpourvu toutefois, par une convention mili-taire, à l’exécution du traité de Campo-For-mio, en ce qui concernait la remise deMayence à nos troupes, et l’évacuation desautres places du Rhin par les impériaux.

Demande au Valais du passage par le Simploii.

Ardent à tout entreprendre pour conso-lider de plus en plus la république naissantequi me devait son existence, j’imaginai, aumoment de quitter l’Italie , de demander auValais le passage par le Simplon pour destroupes qui devaient retourner en France .J’ambitionnais la possession de cette hautevallée du Rhône , qui nous offrait la com-munication la plus directe avec Milan , sur-tout à une époque où le Piémont , encoreindépendant, pouvait se ranger du côté denos ennemis. Les Suisses déclinèrent avecraison une demande qui détruisait le système