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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
traités, elle aidait le plus faible, afin departager ensuite avec lui les dépouilles decelui qui aurait pu lui devenir redoutable.C’est ainsi qu’à l’aide des Marattes et duNizam, elle était parvenue, en 1792, à vain-cre Tippoo-Saëb, à qui elle ne pardonnaitpas d’avoir envoyé des ambassadeurs àLouis xyi pour lui proposer de la chasserde l’Inde .
Deux ans après, les Marattes attaquèrentà leur tour le Nizam, inondèrent son paysavec 200 mille hommes , et le dépouillèrentau moment où la compagnie, endormie surses succès, ne songeait pas à secourir ceprince, qu’elle tenait sous sa tutelle. Soitqu’il fût mécontent du peu d’empressementque l’on mit à lui porter secours, soit qu’ilaspirât à l’indépendance, il avait confié àun officier nommé Raymond le soin de luiorganiser à l’européenne une armée de 15mille hommes, pour la solde de laquelleon lui abandonna le revenu d’une richeprovince.
Projets du sultan de Mysore. Apathie de la France .
Tippoo-Saëb, depuis le malheureux traitéde Seringapatnam qui lui avait arraché lamoitié de son empire, ne respirait que ven-geance. La France , livrée à l’anarchie etdécouragée par la perte de Pondichéry ,semblait avoir oublié tout le parti qu’ellepouvait tirer de la disposition des peuplesde l’Indostan contre la compagnie anglaise.Pas un vaisseau, pas un homme n’avait étéenvoyé dans l’Inde ; et, à l’insouciance desgouverneurs de l’Ile-de-France , on eût ditqu’ils ignoraient l’existence des deux pres-qu’îles du Gange . Truguet seul imagina, àla fin de 1796, de porter des secours au sul-tan de Mysore : mais le projet de ce minis-tre, basé sur la possibilité d’organiser desbataillons de nègres qui ne sortirent jamaisdes plantations de l’Ile-de-France , n’eut pas
même un commencement d’exécution. Pourréussir, il eût fallu un noyau de vieillestroupes; or le gouvernement républicainne fit aucune tentative pour en porter lemoindre détachement.
Quelques aventuriers furent à la veilled’exécuter ce que la faiblesse de Louis xvi et l’inexpérience du comité de salut publicen intérêts coloniaux avaient fait négliger.Un corsaire, nommé Rippaud, jeté sur lacôte deMangalore, et amené à Tippoo-Saëb,lui ayant appris les victoires des armées répu-blicaines en Europe , réveilla en lui l’espoird’étre secouru par les anciens alliés de sonpère. Il envoya une ambassade à l’Ile-de-France avec un projet d’alliance à soumet-tre au Directoire; projet si bien combinéqu’aucun diplomate européen ne le désa-vouerait. La réponse du gouverneur Ma-Iartic prouve qu’il n’apprécia nullement ladémarche de ce prince; cependant il luienvoya une trentaine de sous-officiers, d’ar-tilleurs et d’ouvriers, qu’il mit à très-hautprix, mais qui discréditèrent l’uniformefrançais par leurs extravagances révolution-naires, et autorisèrent la compagnie an-glaise à se servir de ce prétexte pour assail-lir le sultan de Mysore . Tout porte même àcroire que le Directoire ne fut jamais bieninstruit de ce qui se passa à cette occasion.
Cependant Tippoo ne s’en tint pas là :s’efforçant d’assoupir la rivalité des Marat-tes, il cherchait à armer le Peishwah etScindiah contre la compagnie ; portantmême ses vues plus loin, il recherchaitl’alliance de Zeman-Schah.
La réunion des forces de ces différentsétats pouvait s’élever de so mille hommesdisciplinés à l’instar des troupes européen-nes, et à 5 oo mille soldats armés à l’in-dienne. Si l’impétuosité tumultueuse desMarattes, la bravoure chevaleresque desRajepoutes, et l’ambition effrénée de tous