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Tome premier.
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CH AP. IV. ANNÉES 1798 ET 1799.

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Celle bicoque pouvait nous arrêter d’autantplus longtemps que nous n’avions que despièces de campagne qui ne faisaient pas grandeffet sur ses murs assez épais. Heureusementla garnison capitula le 20.

Passage du désert, — Prise de Jaffa.

Quoique la force totale de mon expédi-dition ne s’élevât pas à 15 mille hommes, jefus encore obligé de les faire marcher pardivisions isolées à travers le désert qui nousséparait de la Syrie , pour ne point tarir lespuits, unique ressource de cette contréearide. Après 48 heures de la marche la pluspénible, nous atteignîmes la plaine de Gaza .Toute l’armée se réunit près de cette der-nière ville, que l’ennemi avait évacuée ennous abandonnant de grands magasins. Les mars, nous arrivâmes devant Jaffa . Lagarnison était nombreuse, et se disposait àse défendre. Je fis établir des batteries pourbattre le mur d’enceinte. Le 7, la brèches’étant trouvée pratiquable, la ville fut em-portée d’assaut. Nous fîmes, 'a cette occa-sion, deux mille prisonniers qui m’embarras-sèrent beaucoup. La faiblesse de mon arméene me permettait pas d’en détacher des es-cortes pour les garder. D’un autre côté, ileût été plus qu’imprudent de renvoyer surparole des gens pour lesquels le point d’hon-neur n’existe pas ; et d’ailleurs une partie deces janissaires étaient les mêmes qui, prisà El-Arieh, avaient promis de ne plus ser-vir. Ne sachant quel parti prendre, je lesfis fusiller. Je m’y décidai avec répugnance;mais l’idée que ces barbares de l’Asie netraitent pas autrement les prisonniers chré-tiens , et se font une gloire d’envoyer leurstêtes à Constantinople , leva tous mes scru-pules. Mes ennemis n’ont pas manqué de me

[1] Plielippeaux el Tromelin. Ce dernier vint plustard me demander du service en France . Je le nom-

reprocher cette action qui, jugée d’après lesprincipes du droit des gens, n’est pas justi-fiable, mais qu’une réciprocité naturelle,surtout les circonstances difficiles où jeme trouvais et le salut de mon armée ex-cuseront peut-être aux yeux de la pos-térité.

Résistance de St-Jean-d’Acre .

Djezzar-Pacha avait réuni tous sesmoyens pour la défense de St-Jean-d’Acre ,que nous investîmes le 18 mars. Les forti-fications de la place ne consistaient qn’en unmur d’enceinte, flanqué de tours, et couvertd’un fossé. Mais nos moyens d’attaque étaientd’autant plus circonscrits, que Sidney-Smith , commandant de la croisière anglaise,avait réussi à enlever l’artillerie de siège queje faisais transporter d’Alexandrie par meret à la mettre en batterie contre nous. Latranchée fut ouverte le 20 mars. Djezzar ,dirigé par un ingénieur et un artilleur fran-çais [1], m’opposa une résistance désespé-rée. Un premier assaut, que je livrai le 28ayant manqué, les espérances des assiégésse ranimèrent.

Bataille du mont Thabor.

Des postes d’avertissement que j’avais àSaffet et à Nazareth me donnèrent la nou-velle de l’approche d’une armée ennemierassemblée à Damas, et grossie dans samarche par la jonction des habitants de laPalestine. Pour la contenir, je poussai versle Jourdain deux petits corps d’observation,Kléber avec sa division à Nazareth , et Mu-rat avec un détachement d’environ deuxmille hommes à Saffet. Peu de jours après,j’appris que l’armée ennemie avait passé leJourdain au pont de Giz-el-Mésanié, et que

mai colonel, en lui disant de faire autant de mal àmes ennemis qu’il m’en avait fait en Égypte .