CHÀP. V. CAMPAGNE DE 1799 .
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mée un mode de recrutement aussi promptdans son exécution que sûr dans ses résul-tats. Le général Jourdan présenta, dès lafin d’août, le projet de loi qui assujettissaitsans distinction, au service militaire, tousles jeunes gens de 20 à 25 ans. Cette levée,moins rude que la réquisition, ne frappaitpas indistinctement tonte une génération :en rangeant naturellement la population mi-litaire en cinq classes, elle permettait den’appeler successivement que le nombred’hommes indispensable, laissait la chancedu tirage au sort, et, en dernière analyse,la faculté de se faire remplacer.
Suites de la défaite d'Aboukir et de la déclarationde la Porte.
Le désastre d’Aboukir et la déclarationde guerre de la Porte vinrent signaler auDirectoire l’impossibilité de se maintenir enÉgypte , contre les forces de l’Angleterre etde la Turquie réunies, et lui donner d’amersregrets sur cette expédition, cause premièrede l’incendie qui allait de nouveau embraserle monde.
Décret pour la levée de 200 mille hommes.
Un seul parti s’offrait dans une situationpareille : c’était de presser la levée qui de-vait compléter les armées ; de négocier néan-moins avec modération, soit pour gagner dutemps, soit pour éviter réellement une rup-ture, si la chose était encore possible.
Dans ces entrefaites, on procéda à la le-vée d’une partie des 200 mille conscrits,qu’une loi du 28 septembre mita la disposi-tion du Directoire. Un traité, signé à Lu-cerne le 30 novembre, stipula la levée d’un
[0 Outre cela, l’Helvétie devait lever une arméede milices, lorsque son territoire serait menacé. Uneloi très-sage en fixa l’organisation : l’élite, qui étaitseule mobile, se composait des hommes de is à « ans,
corps auxiliaire helvétique de is mille hom-mes que la France s’engagea à équiper etentretenir [1].
L’appel des conscrits s’exécuta d’abordassez bien, si l’on en excepte la Belgique ,où les réfractaires, aidés des paysans, ar-borèrent ouvertement l’étendard de la ré-volte. Heureusement les corps stationnésen-deçà du Rhin et en Hollande purent yenvoyer à temps des colonnes suffisantespour tout faire rentrer dans le devoir ; maisle feu, qui n’en couvait pas moins sous lacendre, pouvait se rallumer à la moindreétincelle.
Embarras des finances.
Il était encore plus difficile d’obtenir del’argent que des hommes. Les signes facti-ces de circulation étaient détruits, le numé-raire disparu, les impôts réguliers presquenuis, et les dépenses au contraire se trou-vaient triplées par les bénéfices immensesqu’il fallait accorder à des fournisseurs immoraux et méfiants, pour les décider à secharger des différents services.
Les négociations traînent par l’entremise de l’Espagne .
Toutefois, malgré l’activité avec laquelleon se disposait de part et d’autre à la guerre,soit qu’on espérât encore de s’entendre, soitqu’on ne voulût que le temps d’achever lespréparatifs, on négociait toujours par l’en-tremise de l’Espagne , dont les ambassadesà Vienne et à Paris échangeaient les propo-sitions respectives. Prête à renoncer à l’Inn-viertel, par déférence pour la Russie et laPrusse, l’Autriche demandait qu’on lui ren-dît en échange Mantoue et la ligne du Min-
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autant que possible non mariés ; elle comptait 64bataillons de mille hommes chacun : le premier con-tingenl fut fixé à 25 mille.