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Tome premier.
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CHAP. Y. CAMPAGNE DE 1799.

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pas moins de 78 mille hommes sur le Lech ou dans le Voralberg . Masséna aurait affaireen partie à Hotze, détaché de cette armée,et en partie à Bellegarde, qui couvrait leTyrol avec u mille Autrichiens . Une troi-sième armée russe de so mille hommes, sousle général Korsakof, arrivant seulementdans le mois de juillet, servirait plus tardde réserve à celle de l’arcliiduc.

Masséna s’empare des Grisons .

Malgré la disproportion dans la force desmasses respectives, Masséna débuta néan-moins le 6 mars par un coup brillant : iln’avait devant lui que les 7 mille hommes dugénéral Auffenberg, appelés au secours desGrisons ; car le corps de Hotze, enterrédans les retranchements de Feldkirch , nesongeait pas à en sortir, et pouvait être ob-servé par sa gauche. Masséna passe le Rhin ,tourne et enlève le fort de Lueiensteig, puisdébouche sur Coire , où Auffenberg, investiavec 3 mille hommes, se voit dans la néces-sité de mettre bas les armes. Masséna pousseles débris de ce corps sur l’Engadine , oùLecourbe, venant de Bellinzona , a pénétrépar Tusis. Le général Dessolles marche deBormio sur Taufers, à la tête de la divisionde Valteline, destinée à opérer la jonction;il y culbute le corps de Laudon qui, coupéen même temps par la droite de Masséna,perd 4 mille hommes, et sauve à peine soofuyards à travers les glaciers.

I/archiduc marche au devant de Jourdan.

L’archiduc Charles, instruit du passage duRhin par Jourdan, s’avance au-devant de luivers Stockach , à la tête de 60 mille hommes.Pour faciliter les opérations de son collègue,Masséna a fait attaquer, le u mars, les re-tranchements de Hotze à Feldkirch : mal-gré les vigoureux efforts d’Oudinot, la partieétait trop inégale, et il fut repoussé.

Hotze marche, avec la moitié de son corps,au-devant de la droite de Jourdan pour se-conder l’archiduc. Masséna veut en profiter,et assaillit de nouveau la redoutable posi-tion, le 22 mars, avec les divisions Ménardet Oudinot ; mais, n’ayant pas été plus heu-reux, il ramène ses troupes dans les Grisons et le Rhintal, avec une perte sensible.

Jourdan se fait battre à Stockach .

Jourdan, bien qu’il n’eût que 55 mille hom-mes à opposer aux 60 mille de l’archiduc,veut attaquer, le 25 mars, toute sa ligne à lafois, et la faire déborder an loin à gauchepar St-Cyr et à droite par Férino : le premierdébouche parTuttlingen,elle deuxièmeparSchaffouse, à dix lieues l’un de l’autre.

L’archiduc, placé au centre, accable Soultisolé à Stockach ; il n’était pas difficile à somille hommes d’en battre îo mille. St-Cyr,qui courait à trois lieues derrière la ligneennemie avec 12 mille hommes, eut le bonesprit de se saisir dupont de Sigmaringen , etde se retirer en hâte sur la forêt Noire pourgagner Strasbourg . La droite sous Férino,séparée du corps de bataille, se rejeta surSchaffouse : nous en fûmes quittes à bonmarché, car cette armée eût été détruite sielle avait eu affaire à moi. J’aurais traité lecorps de St-Cyr comme ceux de Lusignanet de Provera à Rivoli.

Revers eu Italie .

Schérer ne fit guère mieux. Son adver-saire attendait, entre Vérone et Legnano,l’arrivée de Mêlas et des deux divisions deréserve autrichiennes, avant de songer àprendre l’offensive. Favorisé par cet état dechoses, Schérer se trouve avec le gros deses forces devant deux brigades impériales,isolées dans les retranchements entre l’Adigcet le lac de Garda. Il les attaque avec troisdivisions le 26 mars, enlève le camp de Pas-