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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.

rée après la reprise des hostilités sur l’A-dige, on le conçoit; mais courir ainsi enaveugle au-devant de sa perte, quand l’Au-triche n’était point encore en mesure, c’é-tait un acte de démence. Cette faute, quiretomba sur elle, n’en fut pas moins utileà la coalition, par celles qu’elle fit commet-tre au gouvernement français .

Érection d’une république parthénopéenne.

Le Directoire , qui avait 116 mille hommesen Italie , et qui mesurait la puissance qu’unetelle force devait lui procurer, à l’échelle dece que j’avais su opérer avec so mille hom-mes, ne sentait pas qu’en occupant tout, ilserait faible partout. 33 mille hommes avaientsuffi à Championnetpour soumettre Naples ;et si le Directoire eût offert à Ferdinandune paix acceptable, nul doute que ce princepusillanime ne se fût hâté de la signer ; ensorte que l’armée de Championnet auraitpu revenir vers Mantoue à temps pour pren-dre part à la campagne. Au lieu de cela,Rewbel imagina de créer une républiqueparthénopéenne, faute absurde qui nous im-posait la loi de soutenir quelques idéologuesdes villes, contre la cour, les Anglais , lesprêtres, et les six millions d’habitants duroyaume. C’était se priver de 30 mille hom-mes sur l’Adige , et les exposer à une ruinepresque certaine. En ajoutant à ce granddétachement la division Gauthier en Tos-cane , les troupes nécessaires à l’occupationdu Piémont , la division de Yalteline pourassurer la jonction avec l’armée d’Helvétie,la division de Ligurie ; tout cela formaitune masse de 60 mille hommes détachés,en sorte qu’il ne restait à Schérer que 47mille combattants sur l’Adige et 10 milleà Mantoue ; force insuffisante pour tenirtête aux puissants préparatifs de la coali-tion.

Les Russes s’avancent vers l’Italie .

Déjà les troupes russes traversant la Sty-rie,sedirigentsurlTtalie. L’archiduc Charlespasse l’Inn, entre en Bavière et s’avance jus-que vers Ulm. Le général Kray assemble 71mille Autrichiens entre Vérone et le Taglia-mento.

Le Directoire prend l’initiative sans être en mesure.

Le Directoire sentit qu’il eût été très-im-portant d’ouvrir la campagne avant que lesRusses n’arrivassent ; mais les gouvernantsimprudents qui prétendaient conserver lapaix, en changeant à leur gré la face de lamoitié de l’Europe , étaient à la fois offen-sifs envers leurs voisins, et peu en mesurede soutenir leurs agressions. Us n’en réso-lurent pas moins de courir au-devant descoups. Le général de brigade Lahorie , an-cien aide-de-camp de Moreau, ingénieur sansgénie, fut chargé de leur tracer des pro-jets.

Il imagina de porter Jourdan avec l’ar-mée du Danube, forte à peine de 36 millehommes, droit vers Ulm, entre cette villeet les montagnes, tandis que Masséna, avecles 38 mille de l’armée d’Helvétie, avanceraità travers tous les obstacles des Alpes rhé-tiques et tyroliennes, c’est-à-dire à traversles précipices des Grisons , du Voralbergetdu Tyrol, jusque sur l’Inn . En même tempsSchérer, à la tête de ses 47 mille hommes,attaquerait Vérone et l’Adige .

Ces trois petites masses devaient trouverà qui parler : Schérer allait donner sur 71mille Autrichiens assemblés sous les ordresde Kray, entre Vérone etUdine, et bientôtsoutenus par deux corps russes de 20 millehommes chacun, dont Suwarof amenait lepremier par la Carinthie . Jourdan heurte-rait contre l’archiduc Charles, qui n’avait