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NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.
la faute de porter ses efforts du côté opposé,et le long d’un fleuve sans ponts, où ses trou-pes peuvent être culbutées. Suwarof, mieuxavisé, porte au conlraire les siens à l’aileopposée, certain que, s’il pousse la gauchedes Français , il obtiendra d’immenses résul-tats. Après trois jours d’une lutte mémora-ble, l’armée française , ayant la moitié de soneffectif hors de combat, est rejetée sur laToscane . Sa perte paraît immanquable ;mais Moreau ayant battu Bellegarde dansles plaines d’Alexandrie , l’armée de Suwarofétant elle-même abîmée, et Kray étant restépaisible sous Mantoue , par des ordres posi-tifs de son cabinet, le maréchal russe dé-goûté laissa à Macdonald le temps de reve-nir par la corniche de Pontremoli, et deramener son armée à la Spezzia, dans unétat déplorable. C’était beaucoup de l’avoirsauvée. Ce désastre achevait de ruiner touteespérance pour le rétablissement de nosaffaires en Italie , dont le sort jusque là au-rait pu dépendre de la jonct ion des deux ar-mées.
Suwarof, victorieux à la Trebia , eut d’a-bord envie de se jeter sur Gênes pour ache-ver notre expulsion totale de l’Italie . Maisles Autrichiens avaient à cœur de soumettreles places. L’empereur lui prescrivit impé-rieusement de se borner à l’attaque de Man-toue, d’Alexandrie et de Tortone .
Situation générale des affaires.
Quatre mois n’étaient pas encore écoulésdepuis l’ouverture de la campagne, et déjàles armées françaises, par suite du plantrop légèrement adopté, se trouvaient ex-pulsées de toutes les conquêtes qui faisaientl’orgueil du Directoire , et repoussées àquelques lieues de leurs frontières. Malgréles 100 mille conscrits incorporés dès lorsdans les régiments de toutes armes, à peinerestait-il 200 mille hommes épuisés de fati-
gues, découragés par vingt défaites, enproie aux derniers besoins, à opposer auxarmées victorieuses des Austro-Russes, se-condées en Italie, comme en Suisse , par lespeuples fatigués d’un joug pénible. Partoutla fortune semble déserter les drapeaux ré-publicains : l’armée d’Orient, forcée de le-ver le siège d’Acre, après soixante jours detranchée ouverte, retourne en Égypte , oùune expédition turque est sur le point dedébarquer ; tandis que dans l’Inde, les An-glais prennent d’assaut la capitale du My-sore , et partagent, avec le Nizam, ceroyaume ancien allié de la France .
Le roi de Naples, le grand-duc de Tos-cane , sont rentrés dans leurs capitales ; leroi de Sardaigne est rappelé dans la siennepar Suwarof. La coalition triomphe, etl’An-gleterre qui en est l’âme, impatiente d’ac-célérer la chute de la république, signe untraité avec la Russie pour une expéditiondestinée à chasser les Français de la Hol-lande.
L’avénement du prince de Brésil au trônede Portugal , qu’il occupait de fait depuissept ans sous le titre de régent, par suitede l’aliénation mentale de la reine, n’en lais-sait pas moins ce royaume asservi à la poli-tique anglaise.
Mécontentement contre le Directoire.
Telle était, en peu de mots, la situationrespective des puissances belligérantes :celle de la France se ressentait davantagedes vicissitudes du sort des armes; et quandbien même le Directoire eût été certain d’a-planir les difficultés que son étrange politi-que lui avait suscitées à l’extérieur, il n’au-rait pu conjurer l’orage qui s’amoncelaitcontre lui au sein même de la république.
Depuis le is fructidor, l’arbitraire etl’immoralité semblaient être les uniques ré-gulateurs de sa conduite. Légataire des em-