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Tome premier.
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CH AP. Y. CAMPAGNE DE 1799.

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tions d’usage, espèrent jeter leur pont sousla protection de 40 pièces qui balayent laplage, sans faire passer des troupes pourcouvrir les travailleurs. La brigade Quetard,accourue au premier bruit, est bientôt for-cée de s’éloigner ; les obus autrichiens met-tent le feu à Dettingen. Un bataillon de ca-rabiniers zuricois se jette dans les masures,et, à l’aide de leurs excellentes carabines,ces braves et habiles tireurs abîment lespontonniers ennemis. D’un autre côté, lefond rocailleux de l’Aar empêchait les an-cres de tenir. Plusieurs heures se passent.Dix mille Français , réunis sous les ordresde Ney, ayant eu le temps d’accourir prèsdu passage, découragent l’archiduc, et ilrenonçe à son projet. Ce fut un grand bon-heur pour les Français ; car,s’il eût réussi,on ne saurait trop calculer les suites désas-treuses qu’il eût entraînées. Masséna étaitalors avec la réserve dans le Muttenthal, lamoitié de son armée eût été perdue.

Nouveau plan de la coalition.

Les coalisés, enivrés de leurs victoires,avaient vu néanmoins leur ligne un instantcompromise par les dissensions survenuesentre Suwarof et le cabinet de Tienne. Lemaréchal russe, arrivé à Turin , n’avait rieneu de plus pressé que de rappeler le roi deSardaigne dans sa capitale. Mais Thugul,plus rusé diplomate, ne voulait rien préju-ger sur le sort futur du Piémont , et s’y op-posa fortement. Il avait déjà marchandé àSelz quelques provinces piémontaises, etpeut-être voulait-il faire, de ce retour duroi, une spéculation pour obtenir de lui leNovarais à la paix, et partager ainsi avec lamaison de Savoie le titre et les fonctionsde portier des Alpes . Cette politique dé-plaisait à Suwarof, qui, contrarié aussi del’inaction de Kray à l’époque de la Trebia ,se plaignit avec tant d’amertume, que la

mésintelligence menaça le camp des alliés.

Les cabinets de Londres et de Tienne s’en-tendirent pour proposer un nouveau pland’opérations à celui de Pétersbourg ; il futconvenu :

i° Que toutes les troupes russes de Su-warof et Korsakof se réuniraient en Suisse pour former le centre, et pénétrer enFranche-Comté de concert avec un corpsd’Autrichiens ;

2 ° Que l’archiduc Charles se dirigerait,avec le gros de son armée, sur Manheim , re-prendrait cette place, passerait le Rhin au-tant pour seconder Suwarof que pour favo-riser une expédition anglo-russe destinée àdescendre en Hollande ;

3° Que celle-ci, commandée par le ducd’Yorck, et composée de 25 mille Anglais , ismille Russes sous le général Hermann, dé-livrerait la Hollande, et, aidée par les trou-pes que le stathouder y lèverait, ainsi quepar la diversion de l’archiduc, chasseraitmême les Français de la Relgique ;

4° Que Mêlas commanderait les Autri-chiens restés seuls arbitres de l’Italie , etachèverait notre expulsion de la Ligurie etdu Piémont ;

5° Que la flotte russe, après avoir soumisCorfou, seconderait l’attaque d’Ancône con-fiée au corps de Froelich ;

6° Que les Anglais aideraient les Napoli-tains à la réduction des garnisons laisséesà Naples, Rome , Civita-Yecchia, etc.

L’archiduc marche sur Manheim .

Suwarof allant partir d’Italie et débou-cher en Suisse , l’archiduc devait, sansobjections, opérer son mouvement sur leRas-Rhin. Il se mit en marche le 31 août ;mais ne voulant pas laisser Korsakof exposéseul aux coups que le cabinet de Tiennesemblait lui ménager à dessein, il laissa lecorps de Hotze, d’environ 25 mille hommes,