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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.

il parvient d’abord à repousser l’ennemi.

Depuis trois heures on se bat à notre gau-che, quand Suwarof débouche à neuf heurescontre le centre à la tête du corps russe, etveut à tout prix enlever de front Novi et seshauteurs. St-Gyr s’y défend à merveille;deux fois l’ennemi repoussé, pris en flancpar Watrin, est ramené jusqu’à Pozzolo-Formigaro. Enfin Mêlas avec la réserve, ouplutôt avec la gauche des coalisés, arrive àdeux heures seulement de Rivalta, longela Scrivia, fait gravir à s bataillons de grena-diers le revers du Monte-Rotundo où passela route de Gavi et de Gênes , et tourne ainsila position. Suwarof et Kray le secondentpar un nouvel effort. Dès lors la retraite de-vient à la fois inévitable et difficile. On l’ef-fectue par des traverses sur Pasturana, oùle défilé s’encombre. Pérignon et Grouchy ,voulant donner le temps à la colonne de fi-ler, reçoivent le combat en avant contre lesforces quadruples que l’ennemi amène detous les rayons de la circonférence. Ils sontblessés et pris avec 4 à 5 mille braves qui par-tagent leur sort : une bonne partie de l’ar-tillerie tombe au pouvoir des alliés. Cettefatale journée décide irrévocablement dusort de l’Italie .

Masséna reprend les petits cantons.

Plus heureux, Masséna remportait aumême instant (n août) un avantage signalé.Par un hasard assez bizarre, il combinait lareprise de la ligne des hautes Alpes , qu’ilavait perdue au mois de juin, au momentoù l’archiduc Charles, enfin renforcé parKorsakof, voulait en profiter pour prendrel’offensive du côté opposé.

Beau projet de l’archiduc, qui échoue.

L’archiduc voulait concentrer son arméeau-dessous de Bruck, afin de franchir d’unmême coup les lignes de l’Aar, de la Limmat

et de la Reuss , rivières considérables et ra-pides qui se réunissent près de cette ville.

De Bruck à Arau, il n’y a que quatrelieues, et dans une même journée l’archiducpouvait franchir trois barrières importantes,et se saisir des hauteurs du Jura qui sépa-rent Arau de Bâle . Ce mouvement eût com-promis d’une manière grave le salut de l’ar-mée française , qui s’étendait sur l’Albisjusqu’à Glaris .

Le Directoire , de son côté, voulant fairealler de front les entreprises de Joubert etcelles de Masséna, avait pressé celui-ci deprendre l’offensive. Il fallait y préluder enreprenant la chaîne des hautes Alpes , qu’onavait dù abandonner au mois de juin.

Lecourbe, renforcé, attaque le corps deSimbschen, s’empare duGrimsel, duFurca,du St-Gothard et du Crispait ; fait 4 milleprisonniers. La division du Valais chasseRohan du Simplon. Soull et Chabran ba-layent le canton de Glaris et la gauche de laLinth. Ces succès partiels, loin d’être unbonheur, eussent complété la ruine de l’ar-mée, si le projet de l’archiduc n’eùt échoué.

Trente mille Autrichiens et autant deRusses s’étaient réunis, le 16 août, en facedu village de Dettiugen. La seule divisionNey couvrait Bruck etleFrickthal; il ne setrouvait que 6 bataillons à portée de dispu-ter le passage. Tel est l’inconvénient d’avoirdes lignes immenses et une foule de pointsà garder. Les 122 bataillons et 140 escadronsqui composaient les armées du Rhin et duDanube eussent formé, si la Suisse avait éténeutre, une armée imposante entre Ulm etStrasbourg ; tandis que, réduits à tout cou-vrir, depuis Genève jusqu’à Dusseldorf , ilsne présentaient qu’une force active de 70 à75 mille hommes, dispersés encore sur uneligne de 100 lieues ; il n’y en avait pas 8 milleau point du passage.

Les Autrichiens, méprisant les précau-