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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
espérait du moins être secouru par deuxdivisions de la droite de Hotze, qui, dansle plan général, devaient s’emparer deClaris et assurer la communication avec lui.
Défaite des Autrichiens dans ce canton.
Ces divisions, aux ordres de Jellaehiehet de Linken, avaient en effet attaqué laseule brigade Molitor, le 25. Jellaehieh dé-bouchait sur Wesen par le mauvais sentierqui longe le lac de Wallenstadt. Molitor luien imposa par sa belle résistance ; et legénéral autrichien, engagé dans le coupe-gorge, ayant appris la défaite et la mortde Hotze, se crut perdu s’il y restait, et seretira sur Wallenstadt.
Le lendemain, Linken, débouchant desGrisons en trois colonnes par le défdéd’Engi et le Todiberg, descend la vallée deSernsC, enlève un bataillon de Molitor aven-turé seul dans les montagnes, et s’avancesur Glaris ; mais Molitor, débarrassé deJellaehieh, lui oppose la même résistance;et le général autrichien, instruit du sort deses collègues, reprend la route des Grisons ,de peur d’être enlevé. Il est à remarquerque le général Molitor, avec 4 bataillonsfrançais et 2 suisses, avait ainsi dérouté lepoint décisif de jonction de 12 mille autri-chiens avec Suwarof. Les localités le favo-risaient, il est vrai; mais sa fermeté, sonactivité et sa résolution n’en sont pas moinsdignes d’éloges.
Retraite pénible de Suwarof.
Suwarof s’achemina aussitôt de Mutlenvers le ijlragel, montagne difficile où iltrouva encore l’avant-garde de ce Molitorqui faisait face à tous. II se convainquit parlà que les Autrichiens avaient disparu deGlaris ; et, pour comble d’embarras, Mor-tier et Masséna avec les vainqueurs deZurich venaient d’arriver à Schwitz ; les
grenadiers de Klein à Einsiedlen. La moin-dre hésitation eût tout perdu. Auffenberget Bagration forcèrent heureusement lapetite avant-garde de Mortier auKIoenthal,le 30, et descendirent sur Glaris . Suwarofles suivait avec Derfelden. Le général Ro-senberg, resté avec 4 bataillons dans leMuttenthal, y fut attaqué, le i er octobre,par Mortier qu’il repoussa de la manièrela plus glorieuse jusque sur Schwitz. Dé-barrassé par ce succès, l’arrière-garde at-teignit le Rragel sans perte. Molitor s’é-tait replié à Nelfels, derrière la Linth.Bagration fut chargé de l’attaquer le i eroctobre. On se battit de part et d’autreavec fureur : la petite troupe de Molitorfaisait des prodiges: ses ennemis ne lui cé-daient en rien ; enfin, l’arrivée de la divi-sion Soult, qui revenait sur ses pas aprèsavoir chassé les débris de Hotze jusquedans les Grisons , fixa la victoire. Cet inci-dent aggravait encore la position de Suwa-rof, qui n’avait plus une minute à perdre.Il se jeta, par le sentier de Panix et d’Engi,c’est-à-dire par les flancs du Todiberg, dansles Grisons , route horrible dans la bellesaison, et qui alors était d’autant plus pé-nible et dangereuse, qu’elle était couvertede neige. Le peu de chevaux et de muletsqui lui restait fut abandonné au pied de cegouffre. Plusieurs centaines d’hommes pé-rirent dans les précipices. Aucune expres-sion ne saurait rendre ce que cette retraiteeut d’horrible. La gloire n’est pas unique-ment le prix des dangers et de la victoire ;il y en a aussi à braver les éléments, lanature, les privations. Sous ce rapport, ily eut peu d’événements plus glorieux pourles deux partis dans cette guerre mémo-rable.
Effort infructueux de Korsakof sur Winlerthour.
Pendant ce temps, Korsakof avait été