CHAP. VI. CAMPAGNES DE 1800 A 1802.
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tieux, et, en sa qualité de président, il re-quiert leur aide pour les expulser du con-seil.
A ces mots, terminés par le cri accou-tumé de Vive la République, les soldatsrépondent par celui de Vive Bonaparte!Vingt grenadiers s’avancent vers la salle, etl’officier supérieur, qui les précède, enjointaux députés de l’évacuer. Prudon, Digon-net, le général Jourdan, invoquent la con-stitution, et apostrophent les grenadiers,auxquels ils reprochent de manquer à leurdevoir 5 ceux-ci, frappés d’étonnement, etreconnaissant le dernier, qui leur avait na-guère ouvert le chemin de la victoire, n’op-posaient qu’une force d’inertie.Le plus légerincident pouvait renverser nos projets. Maisbientôt Murat termine tout en déclarantque le corps législatif est dissous. Lacharge bat, de nouvelles troupes se présen-tent, et en un clin d’œil la salle, envahie parun bataillon entier, est abandonnée des re-présentants.
Ce fut par des fugitifs que les anciensapprirent ce qui venait de se passer. Ce con-seil ignorait encore l’issue de la journée,quand quelques membres des cinq-cents ac-coururent à sa barre dénoncer l’acte derigueur dont ils venaient d’être victimes.Mais, loin de s’en inquiéter, la commissionnommée quelques instants auparavant n’at-tendait que cette nouvelle pour demanderl’ajournement de la législature et la forma-tion d’un gouvernement consulaire provi-soire. Cette marche était illégale, car lamesure devait être proposée par les cinq-cents. En conséquence, la séance fut sus-pendue quelques heures, et on fut de touscôtés à la recherche de ceux-ci.
A neuf heures, un assez grand nombrede députés se trouvant réunis à l’Orangerie,Lucien déclara le conseil en majorité et ou-vrit la séance. Presque tous les membres de
l’opposition manquaient, et le petit nombrede républicains qui se trouvèrent présentsétait tellement frappé de terreur, qu’aucunn’osa parler contre les diverses propositionsqui furent faites.
Chazal présenta bientôt un projet de loiconcerté avec les anciens, et qui, appuyé parles meneurs de la conjuration, passa à l’u-nanimité. Ses principaux articles pronon-çaient l’abolition du Directoire , l’expulsionde 6 i députés signalés comme démagogues,la remise du pouvoir exécutif entre mesmains et celles deSièyes et deRoger-Ducos,sous le titre de consuls de la république;l’ajournement de la législature à trois mois;enfin, la formation de deux commissionstemporaires prises dans les deux conseils,pour travailler sans délai, l’une aux chan-gements à apporter dans les principes or-ganiques de la constitution, l’autre au codecivil. La loi fut aussitôt sanctionnée par lesanciens ; et, après avoir reçu le serment desnouveaux administrateurs de la France , lesconseils levèrent à cinq heures du matinleur longue et orageuse séance.
Pendant les deux jours que durèrent cesdébats, les habitants de la capitale restè-rent dans un calme profond. Accoutumésaux orages politiques, et ajoutant peu defoi aux promesses de liberté du parti dé-magogique, ils se réjouirent d’un événe-ment dont ils attendaient un meilleur ave-nir. Personne ne s’intéressait beaucoup ausort d’une charte violée tant de fois, et quiétait impuissante pour réprimer les fac-tieux. Les membres des autorités, ayantperdu tout crédit et toute popularité, n’ex-citaient guère d’intérêt, et chacun au con-traire croyait apercevoir l’aurore de plusbeaux jours. Partisans naturels d’un régimequi les rapprochait du monarchique, lesnobles et les prêtres entrevirent, dans celuiqui lui succédait, la fin de leurs malheurs ;
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