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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
les rentiers, la résurrection du crédit ; lesacquéreurs de biens nationaux, la garantiede leurs propriétés ; les militaires, le termede leurs désastres ; toute la population enfinespéra une nouvelle ère de bien-être et desécurité. L’abolition des lois odieuses desétages et de l’emprunt forcé justifièrentbientôt une partie de ces heureux pronos-tics; et dès lors la confiance, qui semblaitêtre éloignée pour jamais, gagna insensi-blement toutes les classes de la nation.
Dans cette journée, Moreau s’était con-tenté de commander un bataillon sous mesordres, avec lequel il marcha au Luxem-bourg . Ce rôle ne s’accordait guère aveccelui de Séide du républicanisme qu’il affichaà plusieurs reprises, ni avec les projets derestauration que les Bourbons ont eu lacomplaisance de lui supposer en îsia.
Projet de constitution.
Après la dissolution des conseils, ils furentremplacés par une commission législative,et un comité fut chargé de rédiger une nou-velle constitution. Sièyes nous amusa avecle projet d’un grand électeur qui auraitnommé deux consuls, et aurait le droit deles absorber s’ils osaient outrepasser leurspouvoirs. L’un de ces consuls serait chargéde la politique et de la guerre, l’autre auraitl’intérieur. C’était déjà une absurdité quede scinder l’administration publique endeux consulats indépendants Tunde l’autre ;comme si l’administration de l’intérieur nedevait pas influer sur la paix ou la guerre,et si la victoire ou les bons traités étaientétrangers au régime intérieur d’un état.Mais ce qui semblait bien plus ridiculeencore, c’était un électeur sans autorité etsans forces disponibles, chargé de régenter
[t] Le portefeuille fut cédé au mois d’avril à Car- I
et destituer un consul qui disposerait de soomille hommes.
Il était évident que cette institution étaitmesurée à la taille de Sièyes : il comptaitbien être lui-même cet électeur absorbant,et gouverner ainsi en chanoine, sans enavoir ni les embarras ni la responsabilité.Cette espèce de grand Lama ne convenaitpoint à une nation guerrière comme leFrançais , bien moins encore à un peupleenfoncé dans tous les embarras d’une ré-volution inouïe, et d’une guerre intérieureet extérieure dont l’histoire ne retrace au-cun exemple.
Gouvernement consulaire.
Je fis sentir ces défauts, et je proposaiun premier consul, chef de l’état, et deuxautres consuls, comme conseil consultatif.On se rangea à cet avis, au grand déplaisirdu Lycurgue désappointé. Le premier rôlem’appartenait de droit dans cette trinité; et,pour éviter toute rivalité, j’eus soin quemes collègues ne fussent point tirés de laclasse des militaires, ni de celles des hom-mes ambitieux. Je fis choisir Cambacérès et Lebrun. Le premier était un légiste re-nommé pour son érudition, le second avaitété administrateur éclairé : tous deux étaientdes hommes d’affaires, mais sans énergie,tels en un mot qu’il me les fallait.
Le ministère fut composé comme il suit :celui de la guerre fut confié à Berthier 1 1 ] ;les relations extérieures ne furent donnéesqn’un mois plus tard à Talleyrand • je luien voulais d’avoir refusé d’aller à Constan-tinople pour justifier l’expédition d’Égypte .Je confiai les finances à Barbé-Marbois età Gaudin; la marine passa successivementà Bourdon, à Forfait, puis à Décrès ; la
not, qui le rendit à Berthier au retour de Marengo.