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Tome premier.
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CH AP. VI. CAMPAGNES DE 1800 A 1802 .

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quelquefois sommeillé sous des pontifesmodérés et philanthropes, elle s’est tou-jours relevée plus hère, et l’Europe nedoit jamais cesser d’être en garde contreelle. Moi seul je fus sur le point de la fon-dre dans les intérêts du grand empire ! !Mais n’anticipons pas, et revenons à l’étatdes affaires dans la péninsule.

Projets des alliés sur Gènes et Toulon .

L’Angleterre , qui ne perdait aucune oc-casion d’agir partout où il s’agissait de nousexpulser d’un poste maritime, avait con-certé avec l’Autriche un nouveau projetpour nous chasser même de Gênes . Le gé-néral Abercrombie, revenu de Hollandeaprès le mauvais succès de l’expédition,était destiné à rassembler un corps de 20mille Anglais à Minorque , afin de seconderles impériaux. Il est probable que les vuesdu cabinet de Londres ne s’arrêtaient pas àla Ligurie , et queycplein de confiance dansle succès de la beïle armée de Mêlas, il nedésespérait pas de ramener les enseignesde la coalition jusque sur les murs deToulon.

Masséna est moqué dans Gènes .

En effet, le général autrichien, qui avaità ses ordres une armée trois fois plus nom-breuse que celle des Français dans l’état deGênes , avait réussi à percer, le 6 avril, deCairo sur Savone , et à partager ainsi endeqtx notre ligne de défense. Masséna, avecla 'droite de l’armée, forte de 12 millehommes , fut obligé de se renfermer dansGênes . Mêlas l’y fit investir par 55 milleAutrichiens aux ordres du général Ott ,tandis que Kaim couvrirait le Piémont , etque lui-même, avec les 30 mille hommesqui lui restaient, se porta sur la gauche del’armée française commandée par Suchet.Celui-ci, n’ayant que 8 à 9 mille hommes,pressé de front par des forces supérieures

et débordé constamment sur sa gauche, futforcé à rétrograder jusqu’au Var dont il secouvrit; trop heureux d’avoir pu sauver lelong du rivage un corps d’armée débordépar les montagnes, et qui pouvait être faci-lement coupé.

Je me décide à passer le St-Bernard.

Ces nouvelles, quelque fâcheuses qu’ellesfussent par elles-mêmes, me firent d’autantmoins de peine, qu’elles me donnaient lacertitude que Mêlas avait exclusivement fixéson attention sur l’état de Gênes , et qu’iln’était nullement en mesure de parer lescoups que j’allais lui porter. Je sentis que lemoment propice était venu d’exécuter monplan en envahissant l’Italie du côté où l’onm’attendait le moins. Mais comme le tempspressait pour sauver Gênes , et que la mar-che par St-Gothard serait un peu longue, jeme décidai à préférer le St-Bernard, en lais-sant la première de ces routes au corps queje ferais venir du Rhin . Je partis dans lespremiers jours de mai pour Dijon .

Premières opérations sur le Rhin .

Afin d’accélérer l’arrivée du renfort queMoreau devait m’envoyer, il importait qu’ilprît d’abord l’initiative ; son armée s’ébranlaà cet effet dans les derniers jours d’avril.Elle était forte de plus de 100 mille hommes,outre les fortes garnisons de Mayence , deStrasbourg et autres places du Rhin . Kray,qui lui était opposé, en avait au moins au-tant ; mais le conseil aulique lui avait ôté lepouvoir de disposer de la gauche, eu luiordonnant de la laisser dans les montagnesdu Vorarlberg . Favorisé par cette circon-stance, qui lui assurait la supériorité demasses disponibles, Moreau pousse des dé-monstrations par sa gauche vers Kehl , file,avec la moitié de son armée, de Bâle surEngen, et y opère sa jonction avec Lecourbe,