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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
pas en rompant ouvertement avec eux, ni enles menaçant sans ménagement, qu’on auraitpu les faire revenir à d’autres sentiments.Mes victoires ouvrirent une nouvelle voie.Les députés qui se trouvaient depuis deux ansà Paris s’entendirent avec mon frère Josephet avec Rœderer. Une convention, concluele 30 septembre à Morfontaine, régla nosrapports ultérieurs sur le pied des nationsles plus favorisées, et sanctionna les princi-pes sacrés du droit maritime. La liberté dela navigation neutre y fut solennellementproclamée, sans autres restrictions que cellesqui résultent du droit universel à l’égarddes ports effectivement bloqués et des mar-chandises de contrebande, c’est-à-dire auxvivres, armes et munitions. Enfin, le prin-cipe que le pavillon couvre la marchandisey était consacré comme le seul qu’une légis-lation juste et sage pût admettre.
Querelles des Anglais avec les neutres.
Cet événement était de la plus haute im-portance ; car, dès le mois d’août, le Dane-marck et la Suède se trouvaient engagésdans de sérieuses contestations avec l’An-gleterre, qui, peu satisfaite de méconnaîtreles règles du droit maritime, ne rougissaitpas d’attaquer même les convois escortés pardes bâtiments de guerre danois et suédois.
La Russie et la Prusse, intéressées aumaintien du respect dû à leur pavillon, in-tervenaient dans ces importantes discus-sions; et un orage qui s’amoncelait detoutes parts menaçait le trident britannique.
Rupture de la négociation de Londres .
Ce n’était pas moi qui, dans de pareillesoccurrences, pouvais donner l’exemple defléchir devant les prétentions anglaises. Jen’en étais que plus fermement résolu de nepas traiter sans avoir mis mes intérêts lesplus chers à l’abri, par un armistice naval
convenable. Les conditions imposées parlord Grenville ne remplissant pas le but, lanégociation fut rompue le 9 octobre à Lon-dres , et je déclarai que je ne traiterais avecl’Autriche et l'Angleterre que séparément.
Conspiration Cerrachi.
Le jour même où la négociation se rom-pait à Londres , un complot menaçait mesjours à Paris . D’obscurs factieux, se com-parant aux Brulus et aux Cassius, médi-taient dans l’ombre les moyens de se dé-barrasser d’un général que leur imaginationdéréglée leur présentait comme un autreCromwell ou un despote oriental.
Je devais me rendre à l’Opéra ce jour-là,et tout Paris en était instruit. Fouché vintm’informer que les conjurés, à défaut duCapitole, avaient choisi les corridors d’unthéâtre pour exécuter leur projet. On mepressait de ne point m’y rendre. Je n’eusgarde de suivre un conseil si peu digne demoi; mais je fis prendre les mesures né-cessaires pour s’assurer des coupables.Cerracbi et Arena furent saisis avec lespoignards et les armes dont ils devaient mefrapper; ils furent jugés et condamnés.
Expéditions des Anglais contre le Ferrol et Cadix .
L’Angleterre, au milieu des contestationsqu’elle venait d’élever, redoublait d’audaceet d’activité pour s’assurer des avantagesque la situation des choses lui promettait;et, pour faire oublier au peuple anglais lesmalheurs de la famine qui désolait les troisroyaumes, elle portait son pavillon victo-rieux sur tous les points du globe. Il sem-blait qu’il ne manquât au gouvernementanglais que des garnisons pour prendrepossession de la moitié du monde. La pertede ces colonies réagissait sur la politiquedes états européens comme sur leur ma-rine; en privant les peuples du commerce