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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Louis xiv pour dire, L’état, c’est moi;toute mesure qui pouvait provoquer unescission ou une résistance devait donc meparaître dangereuse dans mes intérêts,quelque avantageuse qu’elle pût être pourle bien public.

Chance d’un patriarcat gallican. — Je me rapprochede l’église romaine par nn concordat.

Dès lors le moyen de substituer un pa-triarche français au saint-siège dut me pa-raître moins sûr encore que celui de proté-ger la réforme ; car, si la constitution civileimposée au clergé en 1791 avait causé tantde soulèvements en France , pouvait-onespérer que les prêtres du Midi et de l’Ouestconsentissent à renoncer à leurs obligationsenvers le pape, pour reconnaître un prélatqu’il n’eût pas manqué d’excommunier?N’était-ce pas remettre la paix de ces pro-vinces à la merci d’une bulle qui leur eût in-terdit l’obéissance? D’ailleurs l’influence quela France exerçait sur ITtaiie et l’Espagne n’exigeait pas moins de ménagements enversle saint-siège, et nos rapports avec l’Irlande dépendaient de ceux qui existaient dansnotre croyance religieuse. Pour lutter con-tre l’Angleterre, il fallait absolument leconcours de l’Espagne : on sait que le clergéy règne plus que le souverain ; quel moyenaurait-on eu de perpétuer l’alliance entreun état gouverné par le fanatisme monacal,et une république frappée des foudres duVatican ? Il valait donc mieux laisser l’é-glise avec le schisme déjà existant, qued’engager alors une chute aussi délicate.Toutefois, comme cela n’eût pas produit lerésultat immédiat que je désirais, et queje venais d’apprécier en Italie l’influenceque la religion catholique est susceptible dedonner à un gouvernement, je préférai detraiter avec la cour de Rome, pour rétablirles choses à peu près sur le pied où elles

étaient avant la révolution. J’obtins néan-moins pour l’église gallicane plus de fran-chise qu’elle n’en avait jamais eu; le nombredes sièges épiscopaux fut considérablementréduit, et je conservai au gouvernement lepouvoir de s’opposer aux excès du fanatismereligieux et aux dangers des maximes ultra-montaines.

Reproches faits à ce concordat.

Cette transaction, non moins honorablepour la modération du cardinal Gonsalvique pour moi, encourut toutefois le blâmedes partisans de la république, et même dequelques célèbres publicistes. « Bonaparte,« disaient-ils, s’applique vainement à dé-« truire les restes de la révolution, et à>1 fermer tout accès aux prétentions des« contre-révolutionnaires, puisque, par son« concordat, il rouvre à ces derniers une« porte assurée, et creuse lui-même la mine« qui ébranlera son ouvrage. »

Quoi qu’on en dise, ces craintes étaientoutrées : c’est l’Europe entière qui a ren-versé mon ouvrage, et les armées spirituel-les de Rome n’y ont eu qu’une faible part.Cependant je reconnus plus tard qu’en nesecouant pas entièrement le joug ultramon-tain, je donnais effectivement des armes àune réaction. Si je ne la redoutais pas demon vivant, elle était possible après moi.C’est une grande erreur en effet de croirequ’il suffise de resserrer les limites du fana-tisme pour l’empêcher d’être jamais dange-reux. On n’a qu’à se rappeler combien la re-ligion des Grégoire yu et des Boniface vinétait différente de celle des premiers évê-ques de St-Pierre, pour juger des progrèsque le fanatisme est capable de faire en peude temps, quand on lui fournit un pointd’appui pour ébranler le monde.

Je croyais avoir bien mis la France etl’Europe à l’abri de ses prétentions; mais