NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
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Saône au Rhin et à la mer du Nord : c’étaitassurer des débouchés à nos produits ter-ritoriaux jusqu’en Hollande et au Weser ,lors même que le cabotage serait interrom-pu : le premier assurait nos communica-tions avec la Belgique .
Tous les genres de fabrication étaient en-couragés tant par des primes que par deslois écartant la concurrence étrangère.
Travaux militaires et maritimes.
Mon activité redoublait avec ma sollici-tude pour tout ce qui concernait notre sys-tème de fortification. Les travaux ordonnésà Alexandrie devaient nous assurer un éta-blissement éternel au-delà des Alpes : on acru que j’eusse mieux fait d’établir unebonne place à Pavie ou à Crémone ; c’estune question trop longue à résoudre pourla discuter ici.
De la même main dont je projetais lestravaux de Buderich pour assurer Wesel par les deux rives du Rhin , et compléter lesystème général de défense de cette superbebarrière, je traçais les plans pour fortifierCassel et Kehl qui venaient de m’être cédéspar les grands-duc de Baden et de Darm-stadt . J’employais une partie des contribu-tions de l’Autriche à établir une tête de pontsur le Lech ; en même temps je faisais assu-rer la possession de la Dalmatie par de bonsouvrages temporaires [1].
Anvers etVenise surtout n’étaient pas ou-bliés. La description des immenses travaux
[1] Voyez les leüres au général Dejean, pièces jus-tificatives, n os 11 et 12.
[2] Au nombre de ees projets, il en est un que jedois rapporter, parce qu’il était relatif à notre or-ganisation militaire. J’avais senti la nécessité d’a-voir quelques Iroupes légères à lancer en partisans,des enfants perdus. Quoique les Cosaques ne m’eus-sent pas encore fait sentir le prix d’un pareil corps,puisque nous les avions à peine aperçus dans lacampagne d’Austerlitz, j’en ordonnai la formation
ordonnés dans ces deux ports formerait àelle seule le sujet d’un volume. La patriedes Morosini, des Alviane, des Dandolo pouvait par mes soins renaître un jour de sesruines, sinon comme capitale, du moinscomme grande place d’armes et entrepôt duLevant. Le superbe arsenal, seul héritageque Venise eût conservé de l’empire desmers, allait reprendre toute son activité ; lesvastes forêts de l’Illyrie, de la Macédoine ,nous fourniraient des bois ; la Hongrie descuivres ; le commerce pouvait nous procurerdes cordages et des toiles ; la Dalmatie, l’Al-banie , de bons matelots. Qui sait si un jourla Grèce et ses cinquante îles ne nous donne-raient par une pépinière d’intrépides marins?
En même temps que je recréais ces grandsports, j’ordonnai d’augmenter les défensesde Brest, de Cherbourg , de Rochefort. Onvoit que je faisais marcher de front lesnégociations les plus importantes, les tra-vaux du génie, ceux des arsenaux, de l’ar-chitecture civile, des canaux, les soins del’administration et de la législation. LaFrance, que dis-je, l’Europe ne me parais-sait pas assez grande pour occuper mon ima-gination ardente, qui embrassait tout, etmon amour du travail qui croissait à mesureque les embarras se multipliaient. Je nedemande pas d’autre panégyrique de monrègne, que la publication de ma correspon-dance avec les chefs de l’armée et des diffé-rents ministères, et celle des projets sou-mis à mon conseil [2].
le 9 juillet 1806. On y aurait utilisé de petits chevauxlorrains et des Ardennes , peu propres à la cavalerierégulière ; on aurait fait servir de petits hommesdont la taille n’était pas suffisante pour de beaux régi-ments de cavalerie, mais d’ailleurs aussi bons soldatset plus agiles. Ces pandours auraient pu se remettreau complet en tous pays, faire le service d’éclaireurset ménager beaucoup ma cavalerie. L’ordre en futdonné; mais j’y renonçai plus lard sur les observa-tions de mes généraux, et j’eus lieu de m’en repentir.