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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

le rassemblement de mon armée, et partisaussitôt pour Mayence.

Le 6 octobre, j’arrivai à Bamberg . Monarmée était forte de iso mille hommes : legros composé des cinq corps de Bernadotte ,Davoust, Soult, Ney, Lannes et de la cava-lerie du grand duc de Berg, se rassembla àCobourg et à Bamberg ; ma garde sousLefebvre prit le chemin de cette dernièreville; Augereau partit de Francfort pourmenacer la route de Cassel, puis se rabattità droite; Mortier assembla le 8 ° corps auxconfins de la Westphalie ; mon frère Louis,avec 15 mille Gallo-Bataves, prit la directionde Wesel ; Marmont resta en Iilyrie avec le2° corps chargé de couvrir Raguse , d’occu-per le Cattaro , etc.

Position et plan des Prussiens.

Les Prussiens s’étaient avancés en Saxe ,et avaient entraîné l’électeur à joindre sestroupes aux leurs. L’électeur de Hesse -Cas-sel s’apprêtait à en faire autant. Us se pos-tèrent sur le revers septentrional de la forêtde Thuringe . Le corps de Ruchel de 20mille hommes formait la droite à Eisenach .L’armée principale de 50 mille, commandéepar le roi et sous lui par le duc de Bruns-wick, se trouvait dans les environs d’Er-furth. L’armée de gauche, confiée au princede Hohenlohe , d’environ 50 mille Saxo-Prussiens, se concentrait sur Blaukenhayn :un corps en était détaché aux ordres deTauenzien, afin de couvrir l’extrême gaucheà Schleitz.

Chances militaires qui s’offrent à mon choix.

Trois chances uniques s’offraient à mescombinaisons pour porter la guerre enPrusse : je pouvais opérer par ma gaucheen débouchant de Mayence et de Wesel surla Westphalie , ce qui eût été absurde; jepouvais, au contraire, agir en masse au cen-

tre par la route d’Eisenach sur Cassel ouLeipsick ; enfin j’avais la faculté de me jeteren masse par ma droite pour tourner lagauche ennemie et couper les Prussiens deBerlin par Hof et Géra , comme j’avaiscoupé Maek de Vienne par Donawerth, etMêlas à Marengo. Il était évident que cettedernière manœuvre n’était pas seulementla meilleure, mais encore la seule raison-nable.

Faute des ennemis.

Pour éviter la catastrophe, il ne restaitaux Prussiens que deux partis à prendre :celui de fondre au milieu de septembre surmes cantonnements épars enFranconie, oucelui de m’attendre défensivement, masséssur la haute Saale , appuyant leur gaucheaux frontières d’Autriche . J’aurain pu lesbattre de front; mais ils auraient eu leurretraite sûre sur Dresde et la Silésie . Usseraient allés rejoindre les Russes sur l’O-der , et la monarchie pouvait être sauvée.Us coururent, au contraire, par leur droitejusqu’à Eisenach , blottirent leur centre sousErfurth, et laissèrent la gauche isolée dansles environs de Schleitz, C’était précisémentce qu’il me fallait.

Portraits de leurs généraux.

Le roi, en se mettant lui-même à la fêtede son armée, avait exhumé tous les vieuxgénéraux de la guerre de sept ans pour luiservir de guides ; le duc de Brunswick etMollendorf devaient conduire l’armée à lavictoire. Le premier, général d’avant-gardesous son père le grand Ferdinand, n’avaitjamais combattu dès lors qu’à Kaiserslau-tern contre Hoche, où il s’était borné àdéfendre bravement son camp. Bon admi-nistrateur, vaillant dans le combat, maistimide dans le cabinet, il n’avait rien suapprendre durant les quinze années de